Pourquoi attendre "le bon moment" pour lancer un projet ?

Pourquoi attendre « le bon moment » pour lancer un projet ?



Quand on échange avec les gens, on entend souvent « J’attends… » lorsqu’il s’agit de se lancer dans un projet. J’attends d’avoir plus de temps, j’attends de changer de job, j’attends de retrouver un emploi, j’attends d’avoir un meilleur salaire, j’attends d’avoir acquis telle compétence, j’attends d’avoir le permis… On choisit d’attendre le bon moment pour se lancer, en espérant profiter ainsi de conditions plus favorables à la réussite.

Est-ce une si bonne idée d’attendre ? Le bon moment existe-t-il quand il s’agit de lancer un projet ? Ouvrons le débat dans cet article !

Pourquoi croire que le « bon moment » existe ?

Depuis notre plus jeune âge, nous vivons avec l’illusion (très optimiste) qu’il existe une forme de perfection dans la vie. Faire un métier qui nous plaît, avoir une vie de couple épanouie, suffisamment d’argent pour ne manquer de rien et se faire plaisir, avoir confiance en soi et se sentir bien…

Ce sont souvent des injonctions entretenues par le marketing et par l’entourage : « Si tu travailles dur, tu auras une bonne situation »… Le tout saupoudré de films, livres, reportages, comptes sur les réseaux sociaux qui véhiculent aussi cette forme de perfection.

Alors, de manière assez naturelle, nous entretenons l’idée qu’il existe un moment dans la vie où toutes les planètes sont alignées pour qu’un projet fonctionne. Et nous préférons attendre le bon moment où, à coup sûr, la réussite sera au rendez-vous parce qu’il ne peut en être autrement.

On se persuade qu’avec tel ou tel élément en plus (du temps, de l’argent, des connaissances, des relations), on avancera mieux. Ou que nous pourrons mieux éviter les écueils qui se présenteront sur le chemin, en étant mieux armé pour faire face aux obstacles auxquels nous nous sentons vulnérables aujourd’hui.

Souvent, plus l’enjeu est important et nous paraît compliqué, plus on ressent cette tentation d’attendre le bon moment.

Attendre le bon moment, une illusion ?
Attendre le bon moment, une illusion ?

Acceptez l’idée que le bon moment n’existe pas

Citons le capitaine Jack Sparrow (qui a dit qu’il était interdit de citer des pirates sur son blog ?) : « If you were waiting for the opportune moment, that was it ». Autrement dit, « si tu attendais le moment opportun, il vient de se produire ».

C’est le précieux rappel que notre seule vérité se trouve dans le présent. Le passé peut être réécrit et réinterprété d’une infinité de manières (si vous en doutez, écoutez des historiens se crêper le chignon !). Le futur n’existe pas encore et peut lui aussi se dérouler d’une infinité de façons.

Croire que le bon moment va finir par arriver vous cantonne à une attitude très passive où vous remettez les choses entre les mains du hasard.

Vous avez peut-être entendu parler de Bronnie Ware. Cette infirmière en soins palliatifs a accompagné des dizaines de malades en fin de vie et a osé leur demander leur plus grand regret. Les 5 plus courants qui sont ressortis étaient les suivants :

  • Regretter de ne pas avoir réalisé certains de ses rêves, notamment parce que l’on a vécu en fonction des attentes des autres au lieu de vivre avant tout en accord avec soi-même.
  • Regretter de ne pas avoir levé le pied pour profiter de la vie au lieu de travailler dur tout le temps : voir grandir ses enfants, passer de bons moments en couple.
  • Regretter de ne pas avoir assez exprimé ses émotions.
  • Regretter d’avoir perdu le contact avec ses amis et de ne pas avoir maintenu le lien.
  • Regretter de ne pas avoir su apprécier le bonheur quand il était là.

Il y a une chose qui frappe dans cette liste : on regrette surtout ce que l’on n’a pas fait mais très peu ce que l’on a fait. Un constat qui incite à agir, plus qu’à se laisser paralyser par la peur de l’échec que j’ai déjà évoquée sur le blog.

Lutter contre la peur de l'échec

Comment oser agir sans attendre le bon moment ?

Acceptez l’idée que demain n’est pas mieux qu’aujourd’hui

On aimerait tous voir la vie comme une belle évolution vers un « mieux perpétuel ». On aura plus d’assurance, moins de doutes, plus de temps, plus d’argent, plus de relations…

C’est bien de rechercher une amélioration, un épanouissement plus grand… mais ça ne doit pas faire oublier que la vie n’est pas linéaire… Parfois, on se prend une claque, un retour en arrière, on réalise que la situation dont on se plaignait n’était finalement pas si grave.

Alors soit on tend la joue pour attendre cette claque, soit on essaie d’accepter l’idée qu’il y a du bon à puiser dans le présent.

Votre analyse du futur sera toujours biaisée

Quand on décide d’attendre le bon moment pour lancer un projet, on a en général une vague vision de ce que serait ce bon moment.

La réalité, c’est que l’on traverse chaque situation en fonction de la personne que l’on est lorsqu’elle se produit.

Prenons un exemple. On me dit souvent ceci à propos du blogging : « Ah moi, ouvrir un blog, c’est ce que je ferais si je me retrouvais au chômage parce que là, en ce moment, je n’ai vraiment pas le temps ».

Aujourd’hui, vous êtes salarié, bien occupé, vous avez le sentiment que vous n’avez pas le temps d’ouvrir un blog… et qu’au chômage, vous n’auriez plus que ça à faire de vos journées.

Faisons un bond dans le futur. Quel pourrait être le scénario ?

  • Vous voilà au chômage. Vous avez du temps… mais vous n’avez pas vraiment la tête à ouvrir un blog. Vous comptiez parler de déco sur ce blog mais depuis que vous êtes au chômage, vous faites plus attention à votre budget shopping et vous avez l’impression que vous ne ferez pas le poids par rapport aux autres blogueurs de la thématique.
  • Vous ouvrez un blog avec une grande motivation (comme je vous le disais ici, c’est une excellente activité pour une personne au chômage)… puis vous retrouvez un travail parce que la vie est parfois sympa quand même ;) Et comme vous avez pris goût au blogging, vous continuez.

Dans un cas, la motivation que vous pensiez avoir en ayant du temps vient à manquer. Dans l’autre, le temps que vous pensiez ne pas avoir, vous le trouvez.

Trouver le temps

Autrement dit, vous évaluez et vivez chaque situation au moment où elle se produit. Si vous acceptez cette idée, vous aurez beaucoup plus de bienveillance envers vous-même, moins de frustration et moins de regrets.

Ça s’est passé ainsi parce qu’il ne pouvait en être autrement à ce stade-là de votre vie.

A posteriori, il est facile de commenter un échec, de l’analyser, de le regretter… mais souvent, il s’est produit parce que la personne que vous étiez à ce moment-là n’aurait pas pu le voir venir ou l’éviter.

Alors oubliez l’idée que dans le futur, vous serez forcément à l’abri de toute erreur. Vous en ferez aussi. Pas les mêmes, sans doute. Mais vous devrez aussi y faire face. Attendre le bon moment ne vous empêchera pas d’être en proie à ce risque.

Entre aujourd’hui et votre hypothétique bon moment, vous allez changer. Les conditions dont vous rêviez vont peut-être se produire… mais d’ici là, aurez-vous encore les mêmes envies ? Rien n’est moins sûr.

Projetez-vous d’abord dans un futur proche

Imaginez que vous devez aller quelque part sans plan et sans GPS. Plus la distance est grande, plus grand est le risque de s’égarer, de ne pas se souvenir de tous les embranchements à prendre ou de voir revenir sur ses pas.

C’est souvent la même chose quand on doit lancer un projet. Il n’existe pas de recette de cuisine à suivre étape par étape dans un ordre précis pour arriver à un succès garanti. Pas de plan soigneusement tracé qui vous conduit du point A au point B.

Alors, pour ne pas se perdre, il est beaucoup plus simple de se fixer de petits jalons réalistes qui dédramatisent le « grand objectif qui fait peur ». Par exemple, au lieu de dire « Je veux monter mon entreprise et faire 10000 euros de CA mensuel au bout d’un an »… commencez par « je vais constituer un panel de gens à interroger pour pouvoir mieux cibler mon offre ». C’est un objectif très concret, atteignable à court terme.

Vous aurez donc moins la tentation d’attendre le bon moment pour créer cette entreprise… vous y arriverez étape par étape, méthodiquement.

Vous n’êtes pas seul

Dans mon histoire de GPS, il existe un paramètre essentiel si vous souhaitez lancer un projet : ne pas avoir de plan ou d’itinéraire précis n’empêche pas de solliciter une aide extérieure pour emprunter le bon trajet.

Aujourd’hui, vous avez la chance d’avoir à votre disposition une foule d’informations, de témoignages, d’outils de communication qui vous permettent d’entrer en contact avec des gens pour avancer dans vos projets. De véritables atouts pour réduire l’incertitude !

Ligne décorative

En résumé, il est bien sûr tout à fait pertinent d’être ambitieux et d’avoir de grands rêves. Il y a même des moments où, objectivement, on doit temporiser certaines décisions car on manque de l’énergie ou des ressources pour les mener à bien avec efficacité. Néanmoins, gardez toujours en tête que le bon moment est l’instant présent, celui où vous allez avancer concrètement en direction des projets qui vous tiennent à cœur.

Et repartez avec cette citation de Roy T. Bennett : « N’attendez pas le bon moment pour commencer, commencez pour faire en sorte que le moment soit bon ».


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4 commentaires sur “Pourquoi attendre « le bon moment » pour lancer un projet ?

  • Rosalie

    Article super motivant! J’ai particulièrement apprécié ta référence aux travaux de Bronnie Ware sur les regrets des personnes en fin de vie. Cette lecture a été le point de départ de grands changements de vie qui m’ont amenée à me sentir plus heureuse et épanouie. Et pourtant, cette recherche de perfection revient parfois « au galop », accompagnée du doute et de la peur… Alors comme tu le dis, on n’est pas seul et ton article va m’accompagner pour me redonner confiance dans les moments plus difficiles! Un grand merci :)

    Répondre à Rosalie
    • Marlène

      Je trouve ça très intéressant de prendre conscience de « l’urgence de vivre ». Souvent, les gens ont cette prise de conscience après un événement grave où ils échappent de peu à la mort… alors que ce serait si important de mesurer la valeur de la vie sans ça !

      Répondre à Marlène
  • kam

    je ne finis jamais de lire les articles quand je clique sur le titre, mais j’avoue Marlène, tu m’as captivé jusquìa la fin

    Répondre à kam


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