Construire une bonne stratégie SEO : 15 questions à poser ou se poser


Quand il est question de référencement naturel, on évoque souvent les actions à mettre en place et la manière de procéder. Il est quelque chose de tout aussi important : la stratégie SEO qui va déterminer les chantiers à engager et leur priorisation.

Avant même de déterminer un plan d'action, quelles questions pouvez-vous vous poser sur un site et sur son environnement pour prendre les bonnes décisions ? Dans cet article, je vous propose d'explorer ensemble quelques-uns des sujets à approfondir avant de s'engager dans une démarche d'optimisation de son référencement naturel.

Vous allez le voir, le découvrir peut-être, une stratégie SEO commence toujours par une sacrée dose de curiosité !

Une stratégie SEO à ajuster constamment

On croit parfois - à tort - que le SEO ressemble un peu à une recette de cuisine : il faudrait réunir les "bons ingrédients" pour que le site gagne en visibilité, et les assembler dans le bon ordre afin de garantir le succès. Une croyance encouragée par le fait que sur le web, on cède souvent à l'envie de faire des "checklists pour réussir son référencement naturel" ou des sélections des "X optimisations indispensables pour développer sa visibilité".

En réalité, il faut distinguer deux choses :

  • Les bonnes pratiques - Il existe effectivement un faisceau de bonnes pratiques que l'on peut suivre, que ce soit dans la manière de concevoir un site sur le plan technique (en veillant à sa rapidité, à sa compatibilité mobile, à sa structuration) ou dans la façon de créer des contenus (qualité de la recherche d'informations, exploration d'une thématique donnée et des sujets connexes, etc). On peut considérer que ces bonnes pratiques sont applicables à n'importe quel site. Elles sont souvent issues de recommandations explicites de Google, du bon sens (ne jamais l'oublier, lui !) et d'études réalisées sur un grand nombre de sites web, qui mettent en évidence certaines similitudes.
  • La stratégie SEO propre à chaque site - Selon le sujet du site, sa typologie, son environnement concurrentiel, sa conception, son historique, la cible visée, les ressources disponibles (aussi bien sur le plan humain que financier), les ambitions, on ne va pas mettre en œuvre les mêmes actions, dans le même ordre.

Cette vision stratégique est souvent ce qui manque aux personnes qui veulent "faire leur SEO toutes seules". C'est souvent ce qui donne du fil à retordre aux consultants SEO débutants, qui ont appris les "bonnes pratiques" de manière assez scolaire et doivent maintenant trouver comment créer une stratégie SEO gagnante pour des typologies de sites très différentes.

Une bonne stratégie SEO, à mes yeux, c'est avant tout savoir poser... ou se poser des questions. Et vous allez voir dans cet article absolument pas exhaustif que l'on peut en poser un paquet !

15 questions pour construire une bonne stratégie SEO

Quelles informations peuvent guider votre réflexion quand il s'agit de mettre sur pied une stratégie SEO ?

1. De quel sujet traite le site concerné ?

La première qualité à posséder quand on fait du référencement naturel est la curiosité. Vous allez devoir vous immerger pleinement dans votre sujet, que ce soit votre propre site ou celui d'un client, pour en comprendre les tenants et les aboutissants.

Le vocabulaire employé, la cible, les thématiques qui sont susceptibles d'être recherchées par les internautes...  En l'occurrence, tous les sujets ne sont pas égaux :

  • En termes de volume de recherche - Certaines thématiques suscitent beaucoup plus de recherches que d'autres. A titre d'exemple, si votre site parle de "conseils photo", c'est un terme qui est tapé 260 fois par mois sur Google. Si le site parle de "création d'entreprise", le terme est tapé 8100 fois par mois. Bien sûr, un site ne reposera pas sur un seul terme de recherche... mais c'est important d'avoir une idée de ce "potentiel de visibilité" pour se fixer des objectifs et évaluer dans quel univers on met les pieds !
  • En termes "d'intérêt business" - Bien sûr, si on veut gagner en visibilité, il faut identifier des termes recherchés par les gens... mais pour autant, raisonner en fonction d'un volume de recherche ne suffit pas. Un terme comme "assurance chalet" est recherché seulement 10 fois par mois mais si vous êtes assureur spécialisé dans les chalets, il y aura beaucoup plus d'intérêt pour vous à exploiter ce genre de mot-clé que "assurance" tout court avec ses 60500 recherches mensuelles.
  • En termes de typologie de requêtes - Certains sujets sont très méconnus par les internautes... et ça va se traduire par beaucoup de termes qui incluent "définition", "c'est quoi", à quoi sert un XXX". Ça veut dire aussi que potentiellement, vous devrez cibler une personne qui ne connaît absolument pas l'intérêt de ce que vous proposez, utilisera peut-être d'autres mots pour en parler... A titre d'exemple, le terme "ERP définition" est 125% plus recherché que "logiciel ERP" qui est le nom du produit. Ça jouera dans votre manière de construire la stratégie SEO sur le volet "contenu".
  • En termes de concurrence - Certaines thématiques sont très concurrentielles, d'autres le sont beaucoup moins... et ça déterminera la manière "d'attaquer" un sujet pour se faire une place sur les moteurs de recherche. S'il faut se battre contre des sites très réputés comme les sites gouvernementaux, il est souvent préférable d'adopter une stratégie SEO moins "frontale" en misant sur des termes plus pointus et moins concurrentiels qu'essayer directement de marcher sur les plates-bandes de ces sites.

A ce niveau, on réalise déjà un premier travail de stratégie SEO : se faire une idée générale de l'environnement, de l'envergure du sujet et des challenges en jeu.

Bâtir une stratégie SEO : se renseigner sur l'univers sémantique du site
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2. Quel est l'historique des recherches sur le sujet ?

C'est un autre point intéressant à approfondir quand on initie une stratégie SEO : que se passe-t-il sur le sujet dans le temps ? Les statistiques historiques fournies par le Planificateur de mots-clés de Google Ads sont très utiles à cet égard !

  • Quelle est la saisonnalité ? Y a-t-il des temps forts dans l'année, qui suscitent beaucoup plus de recherches de la part des internautes ? Ou au contraire des périodes de creux ? Cela pourra guider l'analyse des données (si le sujet est peu recherché à certaines périodes de l'année, il est normal de constater une baisse de trafic) et la stratégie SEO (on évitera par exemple de lancer une nouvelle version du site en plein "temps fort", on pourra anticiper des contenus afin qu'ils soient en ligne suffisamment tôt par rapport à une période phare sur le sujet en question).
  • Le sujet est-il sensible à l'actualité ou à d'autres facteurs extérieurs au SEO ? C'est aussi un paramètre intéressant en termes de stratégie SEO, là encore aussi bien dans l'analyse des données que dans l'anticipation des actions à mettre en place. Sur certains sujets, la météo par exemple va jouer un rôle déterminant dans les recherches qui mènent au site ; on a vu dernièrement avec le coronavirus que la pandémie impactait considérablement les tendances de recherche dans certains secteurs.

3. La marque a-t-elle une forte notoriété ?

Quand on s'intéresse au référencement naturel, on distingue généralement le trafic "marque" et le trafic "hors marque".

Le trafic "marque" correspond aux mots-clés qui incluent le nom de la marque (ou du site) ou le nom "commercial" d'un produit/service proposé. Par exemple, si vous vendez du café, "capsules Nespresso" est une requête marque, tout comme "Vertuo" qui est le nom d'une gamme de machines et de capsules.

Le trafic "hors marque", ce sont tous les autres termes. Par exemple "capsules café" et "cappuccino" sont des requêtes hors marque. En lisant la requête, on ne sait pas si vous cherchez du Nespresso, du Nescafé, du L'Or Espresso ou autre.

En SEO, on va avoir une influence assez limitée sur le trafic "marque" car il dépend principalement de la notoriété existante de celle-ci, donc des actions de communication qu'elle a mises en place. En revanche, on va pouvoir mener un travail très intéressant pour développer le trafic "hors marque" et amener vers le site des gens qui ne connaissaient peut-être pas son existence ou qui se seraient peut-être tournés vers un concurrent car ils ne ressentent pas de préférence de marque particulière.

Par exemple, si vous avez envie d'acheter un aspirateur mais que vous n'y connaissez rien, vous allez peut-être taper "aspirateur sans sac" sur Google. Si le site de la marque iRobot est mieux référencé que celui de Dyson, cela peut influencer votre acte d'achat même si vous ne connaissiez pas la marque au départ.

Stratégie SEO : faire en sorte que l'internaute choisisse votre porte d'entrée
Stratégie SEO : faire en sorte que l'internaute choisisse votre porte d'entrée

Certains sites capitalisent énormément sur leur notoriété. Elle leur assure une bonne partie de leur trafic et une bonne partie de leurs revenus. Ces sites ont parfois une certaine réticence vis-à-vis d'une stratégie SEO car les marques sont persuadées qu'elles "n'en ont pas besoin" puisque les clients viennent à elles spontanément et que cette clientèle déjà acquise à leur cause est aussi la plus rentable.

Dans ce type de situation, il est important de comprendre qu'être présent sur des univers hors marque, c'est aussi défendre son territoire face à de nouveaux entrants très agiles, qui peuvent venir chatouiller des marques bien installées dans les résultats de recherche. Cela peut aussi permettre d'apporter aux internautes des informations utiles qui donnent une bonne image de la marque.

4. Quelle est l'identité de la marque ?

Quel est le ton, la personnalité de la marque ? Quelle image cherche-t-elle à donner ? Ces questions sont valables aussi bien quand on travaille sur le site d'un client en tant que consultant SEO que lorsque vous travaillez sur votre propre site.

En effet, la réponse va influer sur la stratégie SEO : par exemple, si vous adoptez un positionnement assez haut de gamme, vous allez éviter de cibler des mots-clés impliquant le terme "pas cher"... car ce n'est pas la cible que vous cherchez à attirer sur votre site.

De même, il est intéressant de savoir s'il y a des sujets sur lesquels la marque ne souhaite pas prendre la parole. Même si le référencement naturel joue un rôle important dans la visibilité d'un site, ce n'est pas le seul critère de décision et parfois, on peut sciemment exclure certains sujets même s'ils représentent un potentiel de trafic indéniable.

À titre d'exemple, j'ai déjà travaillé avec des marques qui refusaient de parler de leurs efforts environnementaux bien que le sujet intéresse les internautes, car elles se savaient "encore imparfaites" et avaient peur des conséquences en cas d'accusation de greenwashing.

5. Qui sont les concurrents ? Une double vision !

Quand on souhaite mettre en place une stratégie SEO, il est très intéressant de se demander qui sont les concurrents auxquels on va devoir faire face. Il est alors captivant de comparer deux visions des choses :

  • Les concurrents "business" - Ceux qui font la même chose que vous et qui marchent vraiment sur le même terrain. Par exemple, AXA Pro et MMA Entreprise sont deux assureurs qui ciblent les professionnels.
  • Les concurrents SEO - Les résultats de recherche sont un vaste espace ouvert ou votre site peut se retrouver en concurrence avec des sites de médias, des blogs, des forums, des sites gouvernementaux, des sites d'information, etc.

Le décalage entre ces deux types de concurrence est souvent important. Je me souviens encore d'un client dans l'informatique à qui j'avais demandé de me lister ses principaux concurrents et qui m'avait répondu avec un naturel déconcertant "Google, Amazon"... Non, il n'avait pas la grosse tête : ces deux géants du web étaient bel et bien des concurrents business de premier plan.

Mais en l’occurrence, en matière de référencement naturel, il se retrouvait face à une tout autre typologie de sites : le Journal du Net devenait un concurrent, tout comme Wikipédia et Le Figaro.

À titre personnel, j'aime bien avoir une vision assez fine de cette concurrence en la regardant par thématique plutôt qu'à l'échelle d'un site entier. S'il y a des sujets sur lesquels vous êtes en concurrence avec de très gros acteurs, il faut être conscient qu'il sera plus difficile de les dépasser que si la concurrence porte sur des acteurs plus petits. La stratégie SEO va en tenir compte !

Jeu d'échecs
Bien jouer ses coups face à la concurrence

6. Qui est la cible du site ?

On ne parle pas de la même manière à un expert d'un sujet et à un débutant, à quelqu'un qui a besoin d'informations et à quelqu'un qui souhaite faire un achat. Je vous ai d'ailleurs déjà expliqué sur le blog à quel point il était important de comprendre l'intention de recherche de l'internaute.

Il est donc très intéressant de savoir qui sont les visiteurs type du site.

Il peut par exemple y avoir une composante géographique forte où les gens attendent vraiment des informations géolocalisées.

Il peut y avoir des freins connus : par exemple, j'ai déjà eu un client qui ciblait un public plutôt âgé. Le premier réflexe n'était pas forcément d'aller lire des articles sur le web donc il fallait s'adapter, par exemple en proposant rapidement un moyen d'entrer en contact avec un interlocuteur par téléphone et en ayant un discours très explicite sur les actions possibles sur le site (exemple fictif : "vous pouvez cliquer sur le bouton bleu pour prendre un rendez-vous gratuitement, vous avez juste à indiquer votre nom et vos coordonnées").

Dans le cadre de cette réflexion sur la cible d'un site, il est aussi intéressant de comprendre ce qui intéresse les gens dans ce que propose le site... et ce qui peut les bloquer. Ça peut donner des idées pour alimenter ensuite la stratégie de contenu. Par exemple, si vous vendez un service et que vous entendez souvent "ah, c'est cher"... vous pouvez choisir de désamorcer cette critique : par exemple, le site expliquera que les prix sont communiqués de manière transparente, que vous avez l'avantage d'offrir des prestations très personnalisées qui justifient le tarif pratiqué.

Si vous vendez quelque chose, il est aussi essentiel de savoir qui sont les clients à plus forte valeur ajoutée. Par exemple, un organisme spécialisé dans le rachat de crédit pour les personnes endettées peut très bien vous expliquer que son profil idéal de clients est "un locataire qui a au moins 10 000€ de crédit en cours". Dans ce cas, en termes de stratégie SEO, vous savez déjà que vous aurez tout intérêt à creuser le filon "locataire endetté" plutôt qu'à parler des propriétaires ou des gens qui ont juste de tout petits crédits. Vous attirerez ainsi un trafic mieux ciblé.

7. Y a-t-il des contraintes juridiques propres au secteur ?

Dans certains domaines, Il existe des contraintes juridiques précises qui empêchent d'aborder certains sujets ou d'utiliser certaines tournures de phrases. Il faut être particulièrement vigilant avec les sujets que Google regroupe sous l'intitulé "YMYL" (Your money, your life = votre argent, votre vie). Autrement dit, tous les sujets qui touchent à la santé, la sécurité, la finance, autant de thématiques qui peuvent avoir un impact important sur la vie des internautes.

Par exemple, j'ai travaillé avec un client qui vendait des compléments alimentaires : il n'avait en aucun cas le droit de prétendre que ça pouvait se substituer à un médicament ou d'affirmer que le complément alimentaire pouvait résoudre certains problèmes médicaux (ex : "si vous prenez telle molécule active, votre diabète sera mieux stabilisé"). En élaborant la stratégie SEO, il fallait donc être capable de composer avec ces impératifs légaux.

8. Quel est le business model ?

Si vous cherchez à obtenir de la visibilité pour un site qui a un objectif sous-jacent (gagner de l'argent, obtenir des leads, etc), il est important de se renseigner sur son business model.

La marque est-elle présente seulement en ligne ou aussi hors-ligne ? Quelle part représente le digital dans le chiffre d'affaires ? Y a-t-il une problématique locale (avec, par exemple, une entreprise qui a plusieurs bureaux en région) ? Quels sont les produits ou les activités prioritaires ? Quelles vont être les grandes priorités commerciales des années à venir ? Y a-t-il une dimension internationale existante ou une volonté d'expansion internationale à court ou moyen terme ? Dans quel pays ?

Vous pouvez aussi vous demander si la marque est leader sur son marché, s'il y a des segments du marché qu'elle n'occupe pas et si c'est volontaire ou pas. Par exemple, j'ai eu un client qui refusait de travailler avec un secteur d'activité précis car c'était le secteur qui générait une quantité astronomique de problèmes au niveau du service après-vente. Ce sont des choses dont on peut tenir compte dans la stratégie SEO et notamment quand on travaille sur la stratégie éditoriale.

9. Quelles sont les attentes vis-à-vis de la stratégie SEO ?

On peut avoir toutes sortes d'attentes face à une stratégie SEO. Par exemple, la plupart des blogueurs amateurs qui s'intéressent au sujet cherchent à gagner de la visibilité et du trafic. Dans le cas d'un professionnel, les attentes peuvent être beaucoup plus complexes et variées : générer plus de ventes, avoir plus de leads, améliorer sa e-réputation ou chercher à noyer des informations négatives en créant de nouveaux contenus mieux positionnés, développer sa notoriété en devenant le partenaire incontournable capable de répondre à toutes les questions des internautes…

En fonction de cet objectif, on ne va pas forcément prioriser les mêmes actions dans le cadre de la stratégie SEO. Par exemple, si le but du site est de générer des ventes, on va peut-être d'abord se concentrer sur la qualité des pages produits et sur leur indexation par les moteurs de recherche alors que si le but est d'apporter davantage de trafic sur le site, on va plutôt se concentrer sur l'identification de sujets de fond à traiter pour attirer les internautes dans le temps.

10. Quels sont les canaux d'acquisition principaux ?

Une bonne stratégie SEO, c'est aussi se rappeler que le référencement naturel n'est pas le seul chemin vers la réussite ! Un site reçoit souvent du trafic depuis d'autres sources (des sites référents, des réseaux sociaux, des campagnes emailing, du référencement payant...).

Il est d'ailleurs préférable que ce soit le cas car il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier en termes de trafic.

Il est intéressant de comprendre quel poids représente le SEO, de savoir s'il y a des campagnes paid search en cours.

Aujourd'hui, il faut garder en tête qu'une page de résultats Google est partagée à la fois par des résultats naturels et par des résultats payants (sponsorisés par les marques). Si vous avez une annonce publicitaire qui s'affiche tout en haut de page sur un sujet donné, il est probable que les internautes cliqueront sur cette annonce et délaisseront le résultat naturel. C'est d'autant plus vrai sur les requêtes dites "transactionnelles" où l'internaute souhaite effectuer une action et se laisse généralement guider par la rapidité.

Avoir une page de destination bien optimisée en SEO peut aussi contribuer à obtenir de meilleures performances de campagne en SEA... donc ces deux leviers sont souvent interdépendants et intéressants à percevoir comme complémentaires.

Dans certains cas, le fait de développer le trafic issu du référencement naturel peut aussi permettre à la marque de réduire ses investissements sur d'autres canaux. Si vous comprenez bien comment fonctionne tout cet écosystème digital, votre stratégie SEO sera encore plus pertinente.

Comprendre la structure du trafic
Comprendre la structure du trafic

11. Quel est l'historique du site ?

Il est toujours intéressant d'avoir en tête l'historique d'un site pour bâtir une stratégie SEO :

  • De quand date la dernière refonte (à quel moment la version actuelle du site a été mise en ligne) ?
  • Depuis quand existe le site ? Les challenges d'un jeune site ne sont pas forcément les mêmes que ceux d'un site avec un long historique. Vous pourrez constater s'il y a un enjeu de développement du contenu existant, ou encore un enjeu autour de la cannibalisation de mots-clés (avec plusieurs pages qui se concurrencent sur les mêmes termes). Ça permet aussi de voir ce qui a été fait depuis que le site existe. Parfois, dans le même laps de temps, il y a des sites avec une stratégie très dynamique qui vont créer 3000 contenus de bonne qualité et d'autres qui vont publier 50 pages et s'arrêter là.
  • Quels problèmes sont déjà identifiés ? Parfois, en tant que propriétaire d'un site, on sait pertinemment ce que l'on devrait améliorer, ou quels "bugs" on n'a jamais eu le temps de corriger sur son site. Poser cette question peut faire gagner du temps.
  • Y a-t-il eu par le passé des pratiques douteuses sur le site ? Certains sites ont eu un passé difficile : ils ont par exemple créé beaucoup de liens sur des sites pas très clean, ils ont publié en masse des contenus bas de gamme cachés dans un obscur sous-menu, ils ont été piratés, ils ont subi de plein fouet une pénalité Google... Le savoir permet d'intégrer des actions de "nettoyage" à la stratégie SEO.

12. Quel est l'état général du site ?

Il est très intéressant d'aller examiner le site de plus près avant d'engager une phase d'audit plus approfondie.

  • Se promener sur les pages, déjà, pour avoir un ressenti "à chaud".
  • Passer le site dans l'outil PageSpeed Insights de Google pour se faire une idée de son état en matière de vitesse de chargement.
  • Crawler le site avec un outil comme ScreamingFrog SEO Spider pour évaluer les grandes problématiques : y a-t-il des problèmes d'indexation (pages bloquées aux moteurs de recherche qui ne devraient pas l'être, par exemple), d'optimisation des balises SEO ou des images, un nombre anormalement élevé de redirections, d'erreurs 404, un problème de gestion du multilinguisme, des contenus trop profonds et trop cachés dans la structure du site ? Ce premier tour d'horizon permet aussi de repérer s'il y a déjà eu des actions SEO sur le site (un site avec une bonne maintenance, pas trop d'erreurs, des balises bien rédigées, est déjà bon signe !).
  • Entrer l'URL du site sur Semrush pour avoir une idée générale du nombre et de la nature des mots-clés sur lesquels il est déjà positionné (vous pouvez souscrire une version d'essai de Semrush pour tester cet outil très complet).

Vous pouvez également regarder le compte Google Analytics et le compte Search Console pour visualiser le trafic SEO et obtenir davantage d'informations... et bien entendu chercher le site sur Google pour avoir une idée du volume de pages indexées et repérer d'éventuels "gros problèmes" (un site qui n'est pas présent alors qu'il devrait l'être, un site qui a des milliers d'URL indexées alors qu'il n'est pas censé en avoir autant, etc).

13. Le site est-il facile à modifier sur le plan technique ?

Dans le cadre d'une stratégie SEO, on a généralement besoin de réaliser des actions d'optimisation technique. Dans ce cadre, il est important d'avoir quelques informations sur leur faisabilité et sur la facilité à mettre en œuvre ces actions !

  • Le site est-il codé sur mesure ou utilise-t-il un CMS connu comme Drupal ou WordPress (avec un peu d'expérience, un expert SEO finit par connaître les problématiques et les "risques" propres à chaque CMS !) ? Est-il sur une plateforme "mutualisée" qui limite les optimisations possibles ?
  • Y a-t-il des contraintes particulières pour accéder au back-office du site, notamment en matière de sécurité ? J'ai déjà vu le cas d'un site qui n'autorisait les connexions à l'administration que depuis une adresse IP précise.
  • Existe-t-il un staging du site pour faire des tests sans toucher à la version qui est en production, c'est-à-dire accessible à tous ?
Stratégie SEO : prendre en compte les contraintes techniques
Stratégie SEO : prendre en compte les contraintes techniques

14. Quelles sont les ressources à disposition ?

Question centrale quand on monte une stratégie SEO !

La question des ressources s'envisage d'abord sur le plan humain : pour mettre en place la stratégie SEO à un niveau opérationnel, de quelles ressources allez-vous disposer ? Y a-t-il un développeur web ou une personne dotée d'une bonne expertise en développement ? Y a-t-il un rédacteur web ? A-t-on le temps et l'expertise pour "faire soi-même" ?

On peut aussi s'interroger sur le délai de mobilisation de ces ressources humaines : si on fait des recommandations techniques par exemple, pourront-elles être implémentées dans un délai raisonnable ou faudra-t-il des mois avant que ce soit mis en place ? Les aspects techniques et la rédaction sont-ils gérés "en interne" ou sont-ils délégués à une tierce partie ?

L'autre volet de cette gestion des ressources est bien sûr le volet financier : quel budget peut être alloué au SEO ? Y a-t-il un budget pour externaliser les tâches que l'on ne peut pas faire soi-même ?

Quand on crée une stratégie SEO, on ne peut pas faire abstraction de ces aspects. Bien sûr, il y a toujours "le plan d'action idéal" que l'on mettrait en œuvre en ayant un budget illimité et des ressources illimitées. Et puis, il y a la réalité... qui va guider la manière dont on priorise les actions à mettre en place.

Si on sait qu'une recommandation peut être mise en place facilement et rapidement, et produire des effets, on lui donnera une priorité haute par rapport à une action dont on sait pertinemment qu'elle va coûter cher et demander un gros investissement en temps.

15. Qui seront vos interlocuteurs directs ?

Si vous créez une stratégie SEO pour un client, il est très intéressant de savoir à qui vous allez parler au quotidien... car on ne s'adresse pas de la même manière à un "technicien" (un développeur par exemple), à un chef de projet marketing, un chef de produit ou encore un "homologue" :)

L'idée, c'est quand même que votre interlocuteur comprenne ce que vous racontez et que vous le fassiez adhérer à votre stratégie, plutôt qu'il ait l'impression que vous êtes en train de l'entuber avec vos termes incompréhensibles ;) 

Bon, on ne va pas se mentir, c'est toujours utile de glisser quelques termes techniques dans le discours car ça donne l'impression que vous savez de quoi vous parlez ;)

La curiosité, indispensable à une bonne stratégie SEO

Quand on fait du SEO, on commence souvent par entendre parler des "3 piliers du SEO", à savoir la technique, la sémantique et le netlinking. Pour ma part, je parle toujours de 4 piliers, le quatrième étant cette fameuse stratégie SEO.

En effet, sans cette réflexion de fond sur ce que l'on peut faire, ce qui a déjà été fait, les soutiens dont on va pouvoir bénéficier pour avancer, les freins et difficultés à lever... on aura bien du mal à maximiser l'efficacité des résultats.

En ayant en tête un maximum de réponses aux questions évoquées dans l'article, vous allez pouvoir aborder la partie opérationnelle (auditer le site, lister puis prioriser les problèmes à corriger et les actions à entreprendre) avec beaucoup plus "d'intelligence".

Marlène Viancin

Marlène Viancin

Hello, moi c’est Marlène ! Responsable SEO en agence dans la vie et passionnée par tout ce qui touche à l’analyse des données, j’aide les sites à gagner en visibilité en ligne en s’appuyant sur une compréhension fine du comportement et des intentions des internautes. Sur NoTuxedo, blog personnel indépendant de mon activité pro, je partage des conseils concrets pour créer, optimiser et faire grandir un site web – toujours avec une approche orientée résultats, accessible et stratégique, sans jargon inutile.


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