Débuter un blog : comment surmonter le passage à vide des débuts ?



Débuter un blog commence souvent par une traversée du désert de plusieurs mois, pendant laquelle vous ne recevez quasiment pas de trafic (j’ai moi-même vécu cette expérience, dont je parle dans cet article). Pour beaucoup de blogueurs, c’est une période très difficile à vivre, qui occasionne énormément de découragement, de remises en question et d’abandon.

Comment essayer de mieux vivre ce passage à vide ? Comment positiver en attendant la phase de croissance – parfois rapide – qui peut survenir ensuite ? Je vais partager avec vous dans cet article quelques conseils qui m’ont aidée à mes débuts… ou que j’aurais aimé recevoir !

1. Votre blog doit avoir du sens

Certaines personnes choisissent de débuter un blog « pour essayer », sans forcément mesurer le travail et l’investissement personnel que cela représente.

Il va de soi que chacun est libre de choisir ses priorités dans la vie :) Mais c’est une réalité : si vous manquez de passion, de sens dans ce que vous faites, il sera plus difficile de trouver la motivation à continuer en l’absence de résultat immédiat.

C’est comme ce que vivent les musiciens : écoutez jouer un débutant en violon, ça ressemble souvent davantage à un insupportable grincement de film d’horreur plutôt qu’à un concerto de Vivaldi ;) Être capable d’interpréter de beaux morceaux, et de les jouer correctement, demande beaucoup de travail. Ce n’est pas instantané. Et s’il n’y a pas de passion, il est difficile de s’astreindre à accomplir ce travail avec rigueur.

Alors, si vous décidez de débuter un blog, choisissez un sujet dont vous pourriez parler pendant des heures, tout seul s’il le faut ! Choisissez ce sujet qui, en temps normal, vous occupe volontiers l’esprit, que ce soit en semaine ou le week-end. Ca vous aidera à supporter la phase difficile où vous ne voyez pas encore l’impact de votre engagement.


2. Débuter un blog… pour les autres

On choisit souvent de débuter un blog pour soi, parce qu’on en ressent l’envie, parce qu’on a des ambitions personnelles ou professionnelles. Ces premiers mois de blogging doivent aussi vous permettre d’adopter une autre posture : se tourner vers les autres.

Il y a parfois une « incompatibilité » entre ce que les blogueurs veulent et ce qu’ils font. Ils veulent, par exemple, du trafic, améliorer leur référencement, gagner des abonnés sur les réseaux sociaux… et dans le même temps, ils publient ce qui leur passe par la tête, sans forcément réfléchir à une « direction ».

Bloguer pour être utile aux autres
Bloguer pour être utile aux autres

Aujourd’hui, la visibilité est directement liée au fait de publier un contenu utile aux autres… y compris quand un blogueur donne l’impression de partager des tranches de vie. A titre d’exemple, je suis sur Instagram Joanna, alias Titisse Biscus, que j’ai rencontrée lors d’une sortie à Vaux-le-Vicomte. Elle est « blogueuse maman », raconte donc son quotidien avec sa petite famille. On pourrait croire qu’elle est tournée vers elle-même… mais en réalité, elle partage beaucoup de bonnes idées d’activités à faire avec des enfants, de conseils d’organisation pour prendre du temps pour soi, de pensées positives pour motiver les gens…

Profitez des premiers mois de votre blog pour vous poser des questions : qui est votre « lecteur idéal » ? De quoi se préoccupe-t-il ? De quoi a-t-il besoin ? Qu’est-ce qui l’intéresse ? Quels sont ses problèmes ? Comment est-il susceptible de les exprimer ?

Allez lire les autres blogs, les commentaires, les groupes Facebook sur votre thématique, intéressez-vous aux mots-clés que les internautes tapent sur les moteurs de recherche. Ca vous donnera beaucoup de matière et d’inspiration !

3. Affinez votre ligne éditoriale

Profitez du passage à vide des débuts pour être à l’écoute de vos ressentis. Si vous sentez que certains sujets vous ennuient, abandonnez-les. Revoyez votre ligne éditoriale.

Lors de ces premiers mois, il y a peu de trafic, peu « d’attentes extérieures », profitez-en pour décider des sujets avec lesquels vous vous sentez le plus à l’aise.

A titre d’exemple, j’ai très vite arrêté d’écrire sur la mode quand j’ai ouvert mon blog : je n’étais pas à l’aise avec le fait de mettre en avant mes achats, je ne prenais pas le temps de trouver des créneaux horaires pour faire des photos avec une lumière satisfaisante, je sentais que la rédaction des articles était plus laborieuse que sur d’autres sujets.

Ce sont des signaux à prendre en compte ! Si l’écriture vous paraît difficile maintenant, imaginez ce que ce sera dans quelques mois, quand l’enthousiasme des débuts sera retombé !


4. Investissez de l’argent pour vous engager

Dans beaucoup de situations, le paiement est perçu comme une forme d’engagement.

En psychanalyse, on estime par exemple que le paiement est ce qui évite au patient de ressentir une « dette » vis-à-vis du thérapeute. Parfois, quand vous réservez un hôtel, on vous demande un acompte ou des arrhes sur le montant de la réservation, de l’argent que vous perdez si vous annulez. Les gens sont souvent plus réticents à annuler quand ils ont déjà réglé quelque chose.

Si on applique le même principe au blogging, il peut être pertinent de décider d’investir pour débuter un blog : payer un hébergement web, un nom de domaine, une formation (référencement, réseaux sociaux), des livres… A vous de voir ce qui vous paraît nécessaire pour vous sentir « engagé ».

Vous pouvez aussi écrire de nombreux articles d’avance.

Le but, c’est que si vous ressentez une baisse de motivation, une petite voix vous murmure à l’oreille « Tu ne peux pas lâcher si facilement, avec tout ce que tu as déjà dépensé/avec tout le temps que tu as déjà passé à écrire ».

Pas de récompense sans effort
Pas de récompense sans effort

5. Prenez le temps de vous former

Même si débuter un blog peut ressembler à un « passage à vide », et que j’utilise ce terme, une manière plus positive d’envisager cette période consiste à la percevoir comme une période de formation.

C’est un moment charnière où vous allez apprendre beaucoup de choses, que vous ayez déjà géré un site avant ou pas.

Si c’est votre premier site, vous allez découvrir une foule d’aspects : écrire, essayer de personnaliser le design de son blog, d’y ajouter des fonctionnalités, s’intéresser à des sujets nouveaux (référencement, gestion des réseaux sociaux par exemple)…

Et si vous avez déjà géré un site avant, vous allez à nouveau vous retrouver dans une posture de « débutant » où il faut reconstruire de la visibilité. Chaque site étant différent, vous n’allez pas forcément rencontrer les mêmes challenges.

Essayez de profiter de cette période pour acquérir les compétences qui vous manquent.

  • Soit de manière autonome, à travers des blogs et des livres (je conseille souvent, par exemple, le livre « Bien rédiger pour le web » qui donne plein de conseils pour bien écrire et bien organiser ses contenus, sans entrer dans des considérations trop techniques).
  • Soit en suivant une formation : des sites comme Udemy ou Open Classrooms proposent de nombreuses formations, gratuites ou à des tarifs modérés.

Un bon moyen de mettre à profit vos premiers mois de blogging pour vous sentir plus à l’aise ! Gardez aussi en tête que c’est en bloguant qu’on apprend le plus, bien plus qu’en suivant n’importe quelle formation. Ne vous enfermez pas trop dans la théorie !

Udemy, des cours en ligne diversifiés
Udemy, des cours en ligne diversifiés

6. Écrivez pour trouver votre « voix »

Même si vous avez parfois l’impression de publier dans le vide pendant cette période, continuez à écrire. En effet, sans même en avoir conscience, vous allez peu à peu gagner en aisance, trouver votre « voix » et vous affranchir de certaines peurs que vous avez au début.

Quand j’ai ouvert mon blog par exemple, j’avais un énorme défaut : j’écrivais dans un langage que je trouvais bien trop solennel et mes articles avaient un ton assez condescendant de « grand professeur qui donne une conférence ». J’exagère un peu mais mon challenge personnel a été d’adopter un ton plus conversationnel. Pour y parvenir, j’ai commencé à « parler mes articles » en reconnaissance vocale au lieu de les écrire à la main, tout en m’interdisant de les corriger au fur et à mesure.

7. Partager ses écrits mais prendre du recul

J’ai aujourd’hui un avis mitigé sur le fait de demander aux autres ce qu’ils pensent de votre blog quand vous venez juste de l’ouvrir.

En effet, il est très positif d’être ouvert aux critiques… et quand on vient de débuter un blog, on manque souvent de feedback et de points de repère. On a peu de trafic mais on ne sait pas si c’est « normal », combien de temps il faut attendre pour que ça décolle, on se remet en question : est-ce qu’il y a un problème de design ? Est-ce qu’on écrit mal ? Est-ce que les sujets traités sont ennuyeux ?

L’autre versant de la question, c’est qu’à vos débuts, vous êtes encore dans une phase de construction. En tant que blogueur, vous allez forcément évoluer : affiner votre ligne éditoriale, développer votre style, créer votre univers visuel, etc. A mon sens, cette recherche est un processus très personnel : vous allez avancer à votre rythme, essayer des choses, écouter vos ressentis, avoir des intuitions et des impressions sur ce qui plaît ou pas à vos lecteurs.

Demander un avis à ce stade, c’est un peu comme si vous mélangiez des oeufs et de la farine en demandant à quelqu’un « Alors, il est comment mon gâteau ? » Votre blog est encore une recette « en cours de réalisation ». Et en général, c’est seulement quand le gâteau est dans l’assiette que l’on invite les convives à donner leur avis ;)

Un jeune blog, une recette en cours de préparation !
Un jeune blog, une recette en cours de préparation !

Alors si j’ai un conseil à vous donner, c’est surtout de ne pas vous isoler : échangez avec d’autres blogueurs, postez des commentaires constructifs sur d’autres blogs, partagez éventuellement vos expériences, vos ressentis, vos coups de mou. Entraidez-vous si vous en avez la possibilité, pour surmonter par exemple des problèmes techniques ou des blocages.

Mais donnez aussi à votre blog le temps de se développer. Ne changez pas trop vite de direction (laissez-vous 6 mois à 1 an pour faire un premier bilan).


8. Lâcher les statistiques

Il me paraît important d’installer un outil de statistiques comme Google Analytics dès le lancement de son blog pour pouvoir ultérieurement suivre sa progression et sa croissance… mais tout aussi important de délaisser cet outil durant les premiers mois.

Sur un « jeune blog », on manque très souvent de données pour tirer des conclusions fiables. Par exemple, dire qu’un article n’a pas marché parce qu’il a été lu 30 fois alors que le précédent avait été lu 43 fois n’est pas forcément représentatif.

On peut vite être obnubilé par ses chiffres, regarder ses stats 5 fois par jour… et ressentir d’autant plus fort le sentiment de stagnation par lequel on passe souvent quand on choisit de débuter un blog.

9. Fixez-vous des objectifs atteignables

Pour garder la motivation, n’hésitez pas à jalonner votre parcours de petits objectifs atteignables.

Par exemple…

  • « Je veux écrire 6 articles chaque mois ».
  • « Je vais réserver chaque mardi soir à mon blog ».
  • « Je vais lister sur le papier 15 idées d’articles que je pourrais écrire prochainement ».

Vous pouvez faire la même chose avec les jalons que vous franchissez, par exemple :

  • « J’ai eu 10 visiteurs sur une même journée ».
  • « J’ai reçu un commentaire cette semaine ».
  • « Un lecteur m’a envoyé un mail ».
  • « Quelqu’un a aimé ma publication sur Twitter ou Facebook ».

Ces réussites et ces objectifs vous prouveront « qu’il se passe quelque chose », même si à une échelle très macro vous avez parfois l’impression que ça n’avance pas et que votre visibilité ne se développe pas beaucoup.


10. Prenez le temps de trouver votre organisation

L’organisation est un aspect auquel j’ai assez vite réfléchi quand j’ai décidé de débuter un blog. Avec un poste à responsabilités, jusqu’à 3h de transports par jour à l’époque, comment bloguer sans que ça devienne une contrainte ? Sans y passer tous les week-ends ?

J’ai fait des tests, j’ai utilisé un outil de time-tracking (Toggl) pour essayer d’évaluer objectivement combien de temps je consacrais à chaque type d’article, à la rédaction elle-même, à la relecture, aux autres tâches.

Je me suis renseigné sur des techniques de productivité comme la méthode Pomodoro, j’ai essayé des choses qui ne fonctionnaient pas… jusqu’à trouver ma routine blogging (qui fait peur, à ce qu’il paraît !).

Profitez de vos débuts pour vous poser des questions à ce sujet :

  • Combien de temps vous demande un article (écriture, illustration, correction, promotion) ?
  • Y a-t-il des types d’articles moins exigeants que d’autres, que vous pourriez réserver aux périodes où vous êtes fatigué, où vous avez moins de temps ?
  • Quand, dans la semaine, avez-vous le plus de temps pour bloguer ?
  • Qu’est-ce qui complique aujourd’hui votre organisation, et pourriez-vous trouver des solutions à ce problème ?
  • Sur quoi avez-vous tendance à perdre du temps ?
  • Avez-vous essayé de mutualiser certaines activités pour gagner du temps ? Par exemple, préparer plusieurs brouillons d’articles en listant vos idées « en une seule fois » ; plus tard, vous occuper de la rédaction elle-même ; et encore plus tard, tout illustrer d’un seul coup.

L’organisation est propre à chacun : nous n’avons pas tous les mêmes contraintes (travail plus ou moins prenant, temps de trajet plus ou moins long, enfants à gérer, etc), pas tous la même façon d’avancer ou la même efficacité (certains travaillent mieux le matin, d’autres le soir). Il faut aussi, parfois, faire évoluer son organisation en fonction des changements de votre situation.

Débuter un blog : une grande histoire de psychologie !

Je donne sur No Tuxedo de nombreux conseils pour créer un blog, savoir par où commencer, comment faire telle ou telle chose technique… mais au fond, pendant vos premiers mois, c’est souvent la dimension psychologique qui va vous donner le plus de fil à retordre.

Ce sont souvent vos doutes, vos craintes, votre motivation ou votre découragement, votre capacité à être patient et organisé, qui vont faire la différence entre un blogueur qui tient le coup et un blogueur qui abandonne. Alors prenez soin de cet aspect de vous, autant que vous vous consacrez à améliorer votre blog sur les plans technique et éditorial !

Comment avez-vous vécu les débuts de votre blog ? Si vous êtes dans cette phase, comment faites-vous en sorte de garder la motivation ?

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2 commentaires sur “Débuter un blog : comment surmonter le passage à vide des débuts ?

  • Céline

    Merci Marlène pour ce chouette article.
    J’ai créé mon blog Croquefeuille en 2009 pour raconter mon aventure alors que je me lançais comme assistante-freelance. Depuis, ce blog est devenu ma principale source de revenus selon un modèle bien connu maintenant, via des accompagnements et de la formation aux personnes qui souhaitent se lancer et développer leur activité comme assistantes-freelances.
    Ma situation était bien différente de la tienne quand je me suis lancée, mais j’apprécie beaucoup tes conseils que je suis venu cherche pour créer un second blog dans une nouvelle thématique. Traites-tu de cette question dans l’un de tes articles ? Avec le temps, bloguer demande certes moins de temps (à moins que ce ne soit l’organisation qui soit rodée, ainsi que la boite à idées d’articles, puisqu’on connaît parfaitement bien son public). Cela dit, trouverais-je le temps/l’organisation pour bloguer sur deux thèmes différents : avec un blog ancien dont je dois malgré tout maintenir la pertinence, puisqu’il est devenu mon job, et un autre où je dois tout faire ? C’est une question que je pose à moi-même bien sûr

    Répondre à Céline
    • Marlène

      Hello Céline, j’ai beaucoup évoqué la question de l’organisation, à mon sens ça reste la même problématique que l’on ait un, deux ou plus de sites à gérer ! On peut tout à fait mutualiser ses « fichiers de suivi » si c’est plus simple à gérer (à titre d’exemple, j’ai un calendrier éditorial global où apparaissent tous mes sites, avec un filtre qui permet de trier par site si nécessaire).

      En revanche, avec plusieurs sites il y a une dimension qui prend de l’importance : c’est la priorisation. Par exemple, un site utilisé à des fins professionnelles sera prioritaire sur un site passion lorsqu’il s’agit de mettre à jour de vieux contenus ou en cas de « manque de temps pour tout faire ». Il y a des tâches que l’on réalise plus régulièrement sur un site pro que sur un site perso (en termes de maintenance, d’évolution, etc).

      Répondre à Marlène


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