Comment préparer une interview comme un pro ?

Comment préparer une interview comme un pro ?



Pour un site, un blog ou un projet personnel, vous pouvez un jour avoir envie d’interviewer quelqu’un. On peut avoir plein de bonnes raisons de préparer une interview :

  • Obtenir un avis plus expert que le sien sur un sujet.
  • Faire découvrir un univers que l’on aime bien : celui d’un auteur, d’un artiste, d’un site, d’une marque.
  • Valoriser une initiative utile aux autres.
  • Recueillir un témoignage, l’expérience et le vécu de quelqu’un sur un thème donné.
  • Gagner en crédibilité et/ou en notoriété : le public qui s’intéresse à l’interviewé va venir découvrir votre blog et si vous interviewez une personne influente et renommée, c’est une excellente manière d’assoir votre crédibilité.

J’ai eu l’occasion de réaliser pas mal d’interviews pour mon ancien site pro sur Michael Jackson. J’ai aussi géré pendant 4 ans la communication du DJ/producteur Martin Solveig, l’occasion de travailler avec beaucoup de journalistes et de blogueurs sur des interviews. Voici donc quelques conseils tirés de ma propre expérience.

1. Bien choisir la personne à interviewer

Préparer une interview commence par le choix de la personne à interviewer, un choix pas si anodin que ça !

Un bon interviewé, c’est d’abord quelqu’un qui va être cohérent avec la thématique de votre site et cohérent avec votre degré de notoriété.

Quand on décide d’accorder une interview, on engage son image. On a donc besoin d’être rassuré, d’avoir le sentiment que nos propos seront respectés et compris et qu’ils toucheront un public réceptif à ce qu’on aura à dire. On va donc plutôt dire « oui » à ceux qui nous paraîtront les plus en phase avec notre univers.

De même, si vous visez « trop haut » alors que votre site est encore confidentiel, il est probable que vous essuierez un refus. Les personnes « connues » (je ne parle pas forcément des célébrités mais aussi, plus largement, de toutes les personnes influentes) ont souvent beaucoup de propositions et auront tendance à choisir celles qui leur paraissent les plus fiables.

Cette fiabilité, on ne peut l’évaluer que si le site (ou le projet) a un minimum de contenu et de « vécu ».

Très souvent, il m’est arrivé de recevoir des demandes d’interviews pour Martin Solveig de la part de tout jeunes blogs contenant à peine une trentaine d’articles. Comment se rendre compte de la ligne éditoriale ? Comment savoir qui sont les lecteurs ? Comment savoir si on peut faire confiance ?

Un bon interviewé, c’est aussi quelqu’un qui a envie de répondre à vos questions. C’est un fait : certaines personnes ont du mal avec ce type d’exercice et ne vont vous faire que des réponses très courtes ou très évasives. Ça se manifeste encore plus quand les questions sont mal posées – et quand on débute, c’est souvent le cas !

Idem avec les gens qui ont tendance à partir dans des digressions interminables : une interview n’est pas un monologue libre de votre interlocuteur :) Il y a des personnes qui, trop contentes qu’on leur accorde du temps de parole, ne s’arrêtent plus de parler, au risque de sortir un discours tout fait face auquel vous n’avez pas la place de poser des questions que vous avez identifiées comme importantes.

Même chose, avec la pratique, un débutant apprend à jouer le rôle de « chef d’orchestre » capable de reprendre la main sur un interviewé trop bavard (ou qui maîtrise très bien les médias et cherche à prendre l’ascendant sur vous !).

Perche pour interview


2. Se documenter, indispensable pour préparer une interview

Là encore, ça peut sembler évident de se documenter pour préparer une interview… mais même chez des journalistes connus, de publications connues, on tombe parfois sur des gens qui ne se sont pas du tout renseignés sur la personne qu’ils interviewent.

Une bonne interview se prépare. Si la personne possède un site Internet, on va le visiter : c’est mieux d’aller consulter ce genre de source si elle existe plutôt qu’une page Wikipédia, pas toujours fiable.

Ensuite, on regarde si la personne a donné d’autres interviews et quelles questions ont été posées. Ça a plusieurs avantages :

  • Vous pourrez repérer quelles questions reviennent sans arrêt et chercher à vous démarquer.
  • Vous aurez parfois l’impression qu’un sujet n’a pas assez été creusé ailleurs, ça vous donnera des idées de questions.
  • Vous verrez si la personne a refusé de répondre à certaines questions ou d’aborder certains sujets, ça vous évitera de perdre du temps ou de la froisser en remettant sur le tapis le même sujet. C’est aussi un bon indicateur pour définir le cheminement logique de votre interview : si un sujet est sensible, on évitera de commencer par là, histoire de ne pas braquer la personne dès le début.
  • Vous en apprendrez davantage sur elle à travers les réponses qu’elle a déjà données.

Se documenter, c’est aussi réfléchir, déjà, à la manière dont on illustrera son article. La personne a-t-elle sur son site Internet des photos libres de droits pour ce type d’utilisation ? Faudra-t-il penser à en demander ?

3. Réfléchir à l’objectif de l’interview

On peut faire une interview pour beaucoup de raisons, comme je l’évoquais en introduction. Témoignage, partage d’expérience, de connaissances, envie de présenter des points de vue opposés ou originaux, etc.

Réfléchissez à votre propre objectif : que souhaitez-vous retirer de l’interview et surtout, que souhaitez-vous que vos lecteurs ou auditeurs retirent de l’interview ?

Qu’ils se fassent une opinion sur un sujet ? Qu’ils apprennent des choses ? Qu’ils prennent conscience que d’autres gens vivent la même chose qu’eux ? Qu’ils aient envie d’agir sur un sujet donné ? Qu’ils aient moins peur d’un phénomène inconnu ?

Avoir en tête cet objectif vous aidera à mieux préparer vos questions.

4. Préparer ses questions d’interview

Au terme de cette étape, vous devez être capable de préparer votre guide d’entretien, c’est-à-dire les grandes questions incontournables que vous poserez. Quelques conseils :

  • On commence par quelques questions générales qui permettent d’installer une ambiance de confiance.
  • On n’aborde jamais les sujets qui fâchent au début pour ne pas braquer l’interviewé, ni à la toute fin de l’interview pour ne pas qu’il reparte avec une impression de malaise.
  • On mise plutôt sur des questions ouvertes, qui exigent une réponse argumentée et pas des questions fermées (réponse par oui ou par non).
  • Il est toujours intéressant de questionner les gens sur leurs expériences et pas juste sur des faits. Les faits, on pourrait les obtenir de bien des manières alors que l’expérience est propre à chacun, c’est ce qui fait toute la richesse d’une interview.
  • On reste flexible par rapport à son guide d’entretien : certaines réponses feront naître d’autres questions chez vous.
  • On ne trahit pas son interviewé (sortir des propos de leur contexte, « descendre » la personne alors que vous n’avez pas soulevé de critique pendant l’interview elle-même, etc). Ce qui se retrouve sur votre blog ou site doit être fidèle à ce qui s’est passé réellement. Si vous avez des contradictions à soulever, faites-le pendant l’interview, ça donnera à la personne l’occasion de s’en expliquer. Vos lecteurs décideront eux-mêmes si l’explication est crédible ou pas !

Préparer une interview, ce n’est pas se fixer une liste de questions immuable mais plutôt se fixer quelques jalons, des thèmes importants à aborder. Au-delà de ces thèmes, il y aura une part d’improvisation en fonction des réponses de votre interlocuteur… et c’est souvent sur ce point que vous allez beaucoup progresser au fil de votre expérience.

Un débutant qui fait une interview a souvent tendance à lire ses questions… alors qu’une personne plus expérimentée donne l’impression d’avoir une simple discussion avec l’interviewé. Cette aisance est naturelle chez certains (si vous avez le contact facile, que les gens ont tendance à s’ouvrir à vous assez librement) mais si ce n’est pas le cas, elle peut s’acquérir par la pratique !

C’est une phase du travail où il peut être intéressant d’avoir un premier échange informel avec la personne que vous allez interviewer, pour savoir s’il y a des sujets dont elle refuse absolument de parler, des sujets sur lesquels elle aimerait au contraire insister…

5. Trouver le bon contact pour proposer votre interview

Parfois, la personne que vous voulez interviewer est très facile d’accès : un mail via le site Internet, un message via les réseaux sociaux peut suffire à proposer une interview. Si ce n’est pas le cas, il faut alors partir à la recherche du bon intermédiaire.

Si vous cherchez à contacter une marque par exemple, vous pouvez passer par le service presse/communication, en tapant par exemple « contact presse + nom de la marque » sur Google. Pour un artiste, vous pouvez passer par la maison de disques, la personne ou l’agence qui gère sa communication. Pour un auteur, par sa maison d’éditions.

Certaines personnes sont parfois très difficiles d’accès… et dans ce cas, si vous êtes convaincu d’avoir vos chances de décrocher une interview, il faut ruser un peu grâce à une petite astuce : dans la plupart des entreprises, toutes les adresses e-mail ont la même structure, par exemple « nom.prenom@siteofficiel.blabla ». A partir de cette structure, on peut souvent deviner l’adresse e-mail de la personne que l’on cherche à contacter… ou du moins joindre l’un de ses collègues.

Il existe aussi des extensions Chrome gratuites comme Hunter, qui tente de détecter des adresses e-mail de contact sur les sites Internet que vous visitez.

Interview de Martin Solveig sur NRJ
Enregistrement d’une interview dans le studio de NRJ

6. Préparer une interview, c’est bien formuler sa demande

Quand on reçoit une demande d’interview, le premier réflexe est de visiter le site/blog auquel elle se destine et d’évaluer son sérieux. Il est donc important de formuler une demande claire, complète et polie. J’ai reçu des dizaines de demandes où les gens oubliaient d’inclure l’adresse de leur site ! Pensez à :

  • Inclure une présentation et le lien de votre site. Restez concis, le but est simplement de présenter la ligne éditoriale et de donner quelques éléments pour rassurer votre interlocuteur.
  • Expliquer qui vous voulez interviewer, dans quel contexte exact : quelle rubrique, pour quelle occasion, dans quel but.
  • Donner vos éventuelles références si vous en avez : avez-vous déjà interviewé des personnes de même profil ? Bénéficié de mises en avant ? Vous pouvez aussi donner un ordre d’idée de votre trafic. Tout le monde n’y accorde pas la même importance mais parfois, ça pèse dans la balance.
  • Rassurer : le but, c’est de montrer votre sérieux. Précisez par exemple que la personne pourra si elle le souhaite relire l’interview avant publication, proposez de travailler par mail, Zoom, Skype ou téléphone à sa convenance, montrez que vous êtes disponible et à l’écoute.

C’est une base, à vous d’ajuster selon le contexte, si c’est une interview très informelle vous n’aurez pas besoin d’en faire autant ; à l’inverse, si vous visez très haut, il faut parfois mettre le paquet pour convaincre !

7. Bien choisir l’environnement de l’interview

Placez-vous dans un environnement aussi calme que possible, où vous pouvez vous protéger des interruptions. Mettez votre téléphone sur silencieux, une marque de respect indispensable !

Si l’interview se déroule en face à face, prévoyez des verres d’eau. Ils peuvent être utiles pour le confort de chacun mais aussi pour lutter contre les conséquences du stress, lequel peut donner la bouche sèche !

Si l’interview se déroule à distance, veillez à choisir un outil avec lequel votre interlocuteur est à l’aise, que ce soit Zoom, Google Meet, Teams, Skype, un simple appel téléphonique…

8. Choisir le bon matériel

Veillez à bien tester votre matériel et votre logiciel en amont, avec un ami par exemple, afin d’anticiper les problèmes techniques (qui ont le don de survenir au mauvais moment !).

Prévoyez si possible deux moyens d’enregistrement (téléphone + Zoom, téléphone + prise de notes écrite). Avoir un carnet à portée de main peut être utile pour penser à « rebondir » sur des propos qui vous interpellent dans le discours de votre interlocuteur, ou pour noter quelques citations marquantes au fil de l’eau.

C’est un moyen très simple de relancer la conversation, en commençant une phrase par : « Vous me disiez à l’instant que… » puis vous citez la personne. Elle va souvent, très spontanément, développer son idée de départ.

Si vous réalisez l’interview « en personne », veillez surtout à avoir du bon matériel de prise de son. Quand je travaillais avec Martin Solveig, nous utilisions un Zoom, qui permet d’avoir un son d’excellente qualité. Ils ont sorti un modèle un peu moins cher.

Si vous êtes dans une pièce, pour un podcast par exemple, vous pouvez regarder du côté des micros de table comme le Elgato Wave 3, qui est un excellent modèle avec une bonne qualité de captation des voix.

9. Posez le contexte de l’interview

Il est toujours utile, en début d’interview, d’avoir un petit échange avec votre interlocuteur pour lui rappeler qui vous êtes, ce que vous faites, dans quel contexte vous réalisez cette interview, « pourquoi lui » (qu’est-ce qui, dans son parcours ou son expérience, vous a donné envie d’aller à sa rencontre).

Cet échange peut se dérouler « hors enregistrement » et être reformulé ensuite de manière plus brève une fois l’enregistrement lancé.

N’hésitez pas à profiter de ce temps pour évoquer aussi quelques questions pratiques et juridiques : le format auquel sera diffusé l’interview, le fait que vous l’enregistriez (la loi vous oblige à le signaler), la durée de l’interview envisagée, etc.

10. Présentez votre interlocuteur

En début d’interview, gardez la parole pour présenter succinctement votre interlocuteur : qui est-il, d’où vient-ils, quelles sont ses « qualifications » pour prendre la parole sur le sujet qui va vous occuper aujourd’hui.

Je place le terme de « qualifications » entre guillemets car on ne parle pas forcément de diplômes ici, on peut être qualifié sur un sujet par son vécu. Par exemple, si vous réalisez un podcast sur l’autisme Asperger et que vous allez interviewer des autistes Asperger, votre interlocuteur sera qualifié pour en parler non pas parce qu’il possède un doctorat en psychologie mais parce qu’il vit au quotidien avec cette situation.

Au-delà de l’intérêt de cette présentation pour ceux qui liront ou écouteront l’interview, elle permet aussi de mettre votre interlocuteur en confiance en commençant l’interview sur un terrain neutre.

11. Adoptez une attitude tournée vers l’autre

Une interview est une rencontre. Et comme toute rencontre, vous allez vers quelqu’un qui n’a pas forcément le même vécu que vous, les mêmes connaissances que vous, la même vision du monde que vous.

Cela touche parfois à des sujets très propices aux débordements émotionnels : religion, politique, éducation, etc. Peut-être qu’au fond de vous, vous allez être en désaccord profond avec votre interlocuteur, peut-être que certains de ses propos vont se heurter violemment à votre propre vision du monde.

Une bonne interview selon moi est celle qui va laisser de la place à cette parole, même si vous n’êtes pas d’accord avec. Rien de plus insupportable qu’un intervieweur qui coupe sans cesse la parole à ses invités.

A titre personnel, je privilégie quelques principes éthiques simples :

  • Accepter que la personne ne réponse pas à une question (quitte à signaler qu’elle n’a pas souhaité répondre, dans un souci d’honnêteté intellectuelle, si la « non-réponse » a valeur d’information) ;
  • Respecter la parole de l’interviewé, en enregistrant si possible ses propos afin d’éviter toute reformulation maladroite ;
  • Prêter attention aux signaux qu’envoie l’interviewé (sa gêne, son envie d’insister sur un sujet précis).

12. Sachez néanmoins recadrer si nécessaire

Il peut y avoir quelques limites à une conception purement bienveillante de l’interview.

  • La légalité – Si vous interviewez quelqu’un sur un sujet très sensible (racisme, homophobie, etc) et que les propos de la personne dévient vers quelque chose d’illégal, il est de votre responsabilité de la recadrer, voire de la couper.
  • Le temps de parole – En tant qu’intervieweur, vous attribuez la parole… mais vous pouvez aussi la reprendre, si votre interlocuteur transforme l’échange en monologue. C’est particulièrement vrai si vous interviewez plusieurs personnes en même temps dans le cadre d’un débat. On ne peut pas laisser un invité monopoliser la parole au détriment des autres.
  • Votre rôle – Recueillir la parole de quelqu’un est une chose… mais vous pouvez aussi être là pour la challenger, pour soulever des sujets qui fâchent ou des sujets difficiles mais importants. Une question de posture d’intervieweur ! Pour prendre un exemple concret, Michel Drucker est souvent cité comme exemple d’intervieweur « gentil » qui ne va pas mettre le doigt sur les sujets qui fâchent… alors qu’un Jean-Jacques Bourdin est au contraire réputé pour ses questions pièges !

13. Utilisez des termes qui stimulent la conversation

Nous avons tous une petite part d’amour de soi et d’attachement à nos émotions qui fait que l’on apprécie de parler de son vécu, de ses expériences, de son point de vue… alors n’ayez pas peur d’employer des termes qui vont stimuler cette envie chez votre interlocuteur.

« Racontez-moi comment/pourquoi »…
« Parlez-moi du moment où »…
« Comment avez-vous réussi à »…
« Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans »…

Le langage de l’émotion réveille souvent beaucoup de souvenirs et d’anecdotes auxquels on ne pense pas forcément avec des questions plus « froides ». Si vous demandez à quelqu’un « décrivez-moi votre parcours » ou que vous lui dites « racontez-moi comment le mauvais élève que vous étiez à l’école a fait pour décrocher un poste comme le vôtre », vous n’allez pas recevoir la même réponse.

Une approche froide amène souvent une réponse froide, académique.

14. Travaillez vos transitions

Je vous le disais un peu plus tôt, les transitions sont souvent ce qui font la différentre entre l’interview du débutant, qui « passe à la question suivante » comme s’il avançait sur une liste de cases à cocher… et l’intervieweur chevronné qui enchaîne de manière fluide !

Cela exige d’abord d’avoir parfaitement en tête ce que vous aimeriez savoir et apprendre de l’interview. Parfois, le fil de la conversation va vous amener à poser une question avant une autre, dans un ordre différent de celui que vous aviez envisagé au début. Cette capacité à s’adapter en temps réel à ce qui se passe n’est pas facile à acquérir.

Pour vous faciliter la tâche, vous pouvez utiliser une vieille technique de psy : reprendre les propos de votre interlocuteur, et construire votre question dessus. Ca permet de synthétiser ce qu’il vient de dire tout en invitant la personne à développer le sujet sous l’angle que vous aurez choisi.

Imaginons par exemple que vous interviewez un entrepreneur. Parmi les questions que vous voulez lui poser, vous souhaitez obtenir des conseils pour les jeunes entrepreneurs qui se lancent.

Au moment où votre interlocuteur vient de vous parler de toutes ses galères d’entrepreneur débutant, vous pouvez lui dire « Si je comprends bien, votre début de parcours a été assez chaotique. Quelles erreurs vous ne feriez plus aujourd’hui si vous deviez lancer une autre entreprise ? »

Dans sa réponse, la personne va forcément partager les leçons que ses échecs lui ont apprises… et ce sera le meilleur des conseils pour vos lecteurs ou auditeurs.

15. Ménagez des pauses dans l’interview

Quand vous sentez que votre interlocuteur a terminé une phrase, ne vous engouffrez pas tout de suite dans la brèche, ménagez un petit temps de pause. Cela vous sera utile si vous diffusez l’interview au format audio et que vous avez besoin de faire un montage.

16. Soignez la conclusion de l’interview

La manière de terminer une interview est tout aussi importante que la manière de la commencer ! En effet, la conclusion détermine l’impression avec laquelle votre interlocuteur va repartir, l’impression que vous allez laisser à vos lecteurs ou auditeurs…

Il est souvent utile de garder de la place pour une question très ouverte, par exemple « Est-ce qu’il y a un autre message que vous auriez voulu faire passer à travers notre échange ? » L’emploi du conditionnel passé première forme (hello les vieux souvenirs de grammaire !) permet de souligner subtilement que vous avez peut-être laissé passer un sujet qui était important pour votre interlocuteur. Vous lui donnez ainsi une chance de ne pas rester sur une frustration.

Profitez aussi de la fin de l’interview pour « faire un peu de pub » :

  • Mettez en valeur les projets de l’interviewé (s’il publie un livre, sort un nouveau projet), son site ou ses réseaux sociaux ;
  • Si c’est un podcast, rappelez aux gens qu’ils peuvent voter pour le podcast sur leurs plateformes habituelles (Apple Podcasts, Google Podcasts, etc) et proposez éventuellement un endroit où ils peuvent retrouver des ressources complémentaires, comme une liste des liens/livres/vidéos qui ont été mentionnés au cours de l’interview.
  • Si c’est une interview écrite, vous pouvez orienter les lecteurs vers un article qui vient « nourrir le débat » et compléter l’interview.

17. Soyez à l’écoute des retours

Que l’interview soit audio ou écrite, offrez aux gens un moyen de réagir : dans les commentaires d’un site, via les réseaux sociaux, pensez à les orienter assez explicitement vers les plateformes d’expression les plus adaptées.

Cela permet de prolonger l’échange pour ceux qui le souhaitent. Vous allez souvent recevoir des témoignages, des questions qui peuvent aussi vous inspirer de futurs contenus… et des critiques qui peuvent vous faire avancer si elles sont formulées de manière constructive (bon, soyons réalistes, ce n’est pas toujours le cas !).

18. Gardez le contact avec l’interviewé

Il est toujours intéressant de rester en contact avec les gens que vous avez interviewés. Ca permet d’avoir leurs retours sur votre « travail », de leur faire part des éventuelles retombées.

Une bonne interview, c’est une occasion unique de découvrir l’univers de quelqu’un et si vous l’abordez avec curiosité et intérêt, vos lecteurs ou auditeurs sentiront cette « générosité » et prendront autant de plaisir à lire ou à écouter que vous en avez eu à poser les questions !

Vous avez déjà fait des interviews ? Il y a des gens que vous rêvez d’interviewer ?

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33 commentaires sur “Comment préparer une interview comme un pro ?

  • MilkyAway

    Hello ma belle Marlène ! les interviews j’adore, c’est génial de pouvoir faire découvrir une personnalité publique (auteure, artiste, …) ou une créatrice sous un autre jour et d’une manière différente. J’adore ce genre d’article que je fais souvent sur mon blog et j’ai souvent de bonnes appréciations de la part de l’interviewé et de ma communauté, mais surtout on resserre des liens tellement humains entre l’interviewé et l’interviewer… Bref, c’est génial an plus d’avoir de belles retombées ;) Pleins de gros bisous et merci pour ce bel article

    Répondre à MilkyAway
    • Marlène

      Hello, je trouve aussi que ça débouche sur de belles rencontres. Par définition, on ne pense pas tous pareil, on n’a pas les mêmes expériences, les mêmes vécus donc c’est une jolie fenêtre sur l’univers de quelqu’un.

      Répondre à Marlène
  • Callistta

    Coucou,
    Martin Solveig :-)
    Je ne le connais que de nom, mais j’avoue j’écoute peu de musique du coup un peu largué sur ce qu’il fait comme musique.

    J’ai moi aussi commencer des interview cette année sur mes 2 blogs.
    Pour le moment ce sont des personnes avec qui je discute sur les réseaux sociaux.
    J’ai très envie de continuer cela cette année.
    J’aime beaucoup, visiter les sites des personnes, voir leurs réseaux sociaux, me documenter, voir si ils ont été interviewer ailleurs etc…
    Je ne pourrait pas interviewer quelqu’un si je ne sais rien de cette personne.
    Chacune de mes interviews a un nombre de questions, mais je ne définit pas le nombre au départ. C’est en réfléchissant que mes questions viennent.
    Cela peut être 5 ou 10 voir plus.
    C’est selon ma curiosité.
    Pour ma part je communique par mail et j’envoie un document word avec mes questions.

    Répondre à Callistta
    • Marlène

      Les interviews sont très enrichissantes et en plus, elles permettent de rencontrer des gens, des parcours, des histoires… ton commentaire me donne d’ailleurs envie de m’y remettre ;)

      Répondre à Marlène
  • Armand

    Très cool ton article Marlène. Je voudrais te poser une question. Est ce que ce procédé est valable pour une interview écrite???

    Répondre à Armand
    • Marlène

      Bonjour Armand, je pense que les grandes lignes restent les mêmes. L’interview écrite a tendance à être plus aléatoire dans le « résultat » car écrire est généralement plus long que parler… donc les gens font parfois des réponses très courtes, qu’ils auraient davantage développées à l’oral. Par ailleurs, on ne peut pas rebondir sur leurs réponses en temps réel pour emmener la discussion plus loin et c’est un peu dommage au final.

      Répondre à Marlène
  • Jérôme

    Je débarque sur ton blog Marlène et j’ai trouvé cet article très intéressant. J’ai fait mon premier interview lundi dernier. C’était top mais je veux faire mieux encore :) je suis donc tombé sur ton article.
    Je cherche maintenant des conseils pour trouver un style d’interview, une forme originale, « une autre façon de faire l’interview » comme disait Toute Ouie en commentaire. Peut-être une nouvelle idée d’article ;) Cap?
    Merci en tout cas, tu donnes pleins de conseils très pertinents pour démarrer l’exercice de l’interview. Et en naviguant un peu sur le site il y a pleins d’autres articles qui m’intéresse et que j’ai hâte de lire.
    Super découverte ce blog !!!

    Répondre à Jérôme
    • Marlène

      Hello Jérôme, c’est un beau défi à se lancer. Je ne sais pas, au fond, s’il est intéressant de « révolutionner le genre »… ou s’il n’y a pas, pour l’interviewé, un certain confort à savoir comment les choses vont se passer, parce que c’est codifié. La question mérite réflexion.

      Ceux qui ont trouvé de « nouvelles formules » ont parfois marqué leur métier. Je pense à l’arrivée du talk-show en France, avec des gens comme Jean-Luc Delarue qui ont utilisé l’interview comme moyen de susciter des débats.

      Répondre à Marlène
  • Ludo

    Coucou Lou, super article! Article qui m’intéresse beaucoup car je vais peut-être interviewer un auteur prochainement…Et autant te dire que, autant je suis super exciter, autant je me demande dans quoi je me suis embarqué. Je n’ai aucune expérience là-dedans et je ne sais par où commencer. Je vais lire son livre et regarder ces interview passé, mais…
    Ce dont j’ai le plus peur? D’avoir l’impression que mes questions soit juste et fondées et qu’il me réponde mais non tu n’a rien compris!
    Ou encore que je pose une question qui ne lui plaise pas. Sur quel ton lui parler? Mon dieu :(
    Quel sujet évité…Enfin tu a compris! Pourtant il a eu un premier contact assez positif et il a l’air super sympa…
    Mais déjà rien que me présenter à lui, je tremblais comme une feuille…

    Répondre à Ludo
    • Ludo

      D’après toi, il y a un nombre de question idéal?

      Répondre à Ludo
    • Marlène

      Non :) Je pense que ça dépend des sujets abordés (exigent-ils des réponses longues ou pas ?), du format de l’interview (on pose en général plus de questions à l’oral qu’à l’écrit), de l’interlocuteur (a-t-il un planning surchargé ou est-il prêt à consacrer du temps à ce genre d’exercice ?).

      Répondre à Marlène
    • Ludo

      Et comment on fait pour répondre à ces question? Je ne connais pas son emploi du temps, etc…
      Je peux t’envoyer les questions pour que tu me dise se que tu en penses?

      Répondre à Ludo
    • Marlène

      Je t’avoue que compte tenu du nombre de mails que je reçois sur le blog, je ne peux pas trop donner un avis aussi personnalisé :)

      Ce qu’il faut évaluer, c’est la notoriété de la personne à qui tu t’adresses. Par exemple, j’ai récemment contacté de grands blogueurs américains, ce sont des entrepreneurs donc il y a de fortes chances qu’ils soient débordés, j’ai préféré me limiter à 2 questions au choix. Si la question est fermée (exemple : « L’auteur qui t’a le plus influencé »), ça peut aller assez vite de répondre aux questions. Tu peux aussi t’appuyer sur les autres interviews données par la personne pour voir si en général c’est succinct ou pas.

      Répondre à Marlène
  • annef

    Bonjour
    J’ai fait une interview pour mon site internet. Elle a duré 2h.
    J’ai écrit l’article, ça m’a pris 4h
    L’artiste a eu l’article pour relecture.
    Aujourd’hui il me dit que sa boite de prod refuse la publication de l’article = a t’il le droit de refuser la publication ? (article écrit)

    Répondre à annef
    • Marlène

      Bonjour, d’un point de vue purement humain publier une interview alors que la personne s’y oppose explicitement ne va pas dans le sens d’une pratique éthique, même si je conçois bien que ce soit frustrant d’avoir travaillé « pour rien ». Je ne suis pas juriste mais d’après ce que j’ai lu, l’interview est considérée par les tribunaux comme une vraie création intellectuelle donc implique un droit d’auteur pour la personne dont les propos sont reproduits textuellement (elle garde un droit moral sur ses propos et a donc le droit de s’opposer à leur diffusion, de la même manière qu’un prof peut interdire la diffusion de ses cours sur le web). Si en plus il y a un écrit qui stipule un refus de la part de l’artiste, je ne m’aventurerais pas à publier en outrepassant son avis.

      C’est dommage qu’il n’ait pas réfléchi avant d’accepter…

      Répondre à Marlène
  • Toute Ouie

    Pas fait d’interview depuis juillet, jusqu’à mercredi dernier et comme c’était un groupe bien fun, on a pu se faire plaisir à poser des questions marrantes et même à imaginer une nouvelle façon de faire l’interview. Il y a certaines agences qui gèrent plein d’artistes et des fois c’est assez facile d’avoir des contacts.

    Répondre à Toute
    • Marlène

      Je suis allée lire l’interview du coup, elle est trop cool ! C’est génial quand il y a une bonne ambiance comme ça et que c’est un vrai échange. Ça se lit tout seul, en plus !

      Répondre à Marlène
  • Aline - Inspiré et Créé

    J’ai déjà eu l’occasion d’interviewer deux artistes: Anemya (sculpteuse de livre très talentueuse) et Julie de Waroquier.
    Ce fut une très chouette expérience! J’en referais dans le futur lorsque j’aurais le temps et la motivation. =)

    Répondre à Aline
    • Marlène

      J’adore les sculptures de livres ! Je viens d’aller découvrir l’univers de Julie, que je ne connaissais pas, gros coup de cœur pour son travail ! Il y a beaucoup de poésie et en même temps des séries très « dures » (Doppelgänger), ça interpelle…

      Répondre à Marlène
  • Julie

    Un article original encore une fois, merci (la classe pour M Solveig)! Je suis en train de préparer un blog beauté, j’aimerai bien interviewer des pros pour faire des fiches métier dans le monde de la beauté.

    Répondre à Julie
    • Marlène

      C’est une bonne idée, je suis sûre qu’il y a plein de gens qui ont envie de travailler dans le secteur sans vraiment connaître les formations/débouchés !

      Répondre à Marlène
  • Cécilia Autour de Cia

    Ah bah tu as l’air d’avoir eu 10 000 vies.
    Article très intéressant car je comptais faire quelques interview pour mon blog voyage :)
    Du coup, je note tous les conseils.
    bises

    Répondre à Cécilia
    • Marlène

      Ha ha quand je vois la page A propos de ton blog, j’ai l’impression que tu n’es pas en reste toi non plus quand il s’agit d’avoir 10 000 vies ;)

      Répondre à Marlène
    • Cécilia Autour de Cia

      Je plaide coupable pour ça :)

      Répondre à Cécilia
    • Marlène

      Oh ce n’est pas un crime bien grave, au contraire ! Je trouve que ça donne du piquant à un parcours et ça ouvre l’esprit à plusieurs horizons.

      Répondre à Marlène
  • Audrey

    Ah, le coup de la trahison…
    Je m’occupe de la presse dans ma boîte, et un jour, un journaliste du canard local m’a sollicitée pour interviewer mon directeur sur un sujet un peu touchy…
    Pendant l’interview (téléphonique), le journaliste a été hyper cool, très compréhensif, pas polémique pour deux sous, et ce pendant les 20 minutes qu’a duré le coup de fil.
    L’article a été assassin pour nous, d’une manière très détournée… bref, j’étais fumasse !

    Répondre à Audrey
    • Marlène

      Arf je n’aime pas ce genre de pratique ! Là où c’est délicat, je trouve, c’est quand tu as besoin de la publication en question dans ta promo. Il y a des médias que tu peux difficilement blacklister, même quand ils t’ont sorti un article assassin… Heureusement, beaucoup de journalistes comprennent que c’est dans leur intérêt d’être réglo parce qu’on leur refait confiance par la suite et qu’on leur donne plus volontiers des exclus.

      Répondre à Marlène
    • Audrey

      Il est clair que je ne peux pas blacklister ce journal, qui est le plus gros tirage local.
      En revanche, ce journaliste-là, précisément, il n’a pas intérêt à avoir besoin de moi de manière urgente !

      Répondre à Audrey
    • Marlène

      #Vengeance ! Ce qui « m’amuse » (de manière un peu ironique) c’est qu’avant d’entrer dans le monde professionnel j’étais persuadée que les chargés de communication avaient plus de pouvoir (ex : j’imaginais qu’ils avaient un droit de regard sur les articles, etc). En réalité, je me suis rendu compte en côtoyant certains artistes que même les plus grands sont tributaires des gros médias… et les journalistes sont tellement sollicités que le rapport de force n’est pas toujours celui que j’avais imaginé avec ma naïveté de petite étudiante ^^

      Répondre à Marlène
  • AmandineDismoimedia

    Pour une ou deux personnes j’aimerai beaucoup ! Mais j’ai aucune visibilité.
    En tout cas article intéressant, c’est bien d’avoir le ressenti du côté des assistants et chargés de com’.

    Répondre à AmandineDismoimedia
    • Marlène

      Je crois qu’il existe encore des gens pour qui la visibilité est secondaire… et qui préféreront donner de leur temps à un blog de qualité qui a peu de trafic plutôt qu’à un blog ultra-visité avec une approche plus superficielle. Je pense que tu n’as rien à perdre à demander en tout cas ! Au pire, tu essuieras une réponse négative et au mieux, tu auras une bonne surprise :)

      Répondre à Marlène
    • AmandineDismoimedia

      Merci pour tes conseils ;) surtout quand tu parles des différentes formes d’itw. Je n’aimerai pas me lancer pour la 1ère fois dans cet exercice de visu avec quelqu’un que j’apprécie. J’imagine que l’échange de mail est un usage répandu, à privilégier ! Y’a pu qu’à trouver le courage de se prendre un vent surtout que j’ai rédigé un billet mitigé sur sa dernière production XD

      Répondre à AmandineDismoimedia
    • Marlène

      Je trouve le mail pratique : ça laisse le temps à la personne de répondre et lui permet de le faire quand ça l’arrange, ça garantit de pouvoir retransmettre les propos « à l’identique » sans reformulation ou « coupes » malvenues, en tant qu’intervieweur ça permet aussi de réfléchir tranquillement à ses questions. L’inconvénient, c’est que les gens ont tendance à être moins bavards par écrit qu’à l’oral (ex : à l’oral, faire une réponse de 5 mots passe difficilement !), qu’on a souvent envie de poursuivre l’échange au-delà d’un seul jeu de questions-réponses… parce qu’en fonction des réponses de la personne, tu as d’autres questions (sinon c’est pas drôle ^^).

      Répondre à Marlène


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