Comment devenir entrepreneur sans argent ?


Aujourd’hui, quand on nourrit un projet de création d’entreprise, la question du financement se pose très vite et si vous n’avez pas d’apport personnel, vous vous demandez peut-être comment devenir entrepreneur sans argent.

Quelles solutions existent pour couvrir les frais associés au lancement d’un business ? Dans cet article, découvrez quelques pistes de réflexion pour entreprendre sans apport !

Combien coûte une création d’entreprise ?

Avant toute chose, il faut savoir que le coût d’une création d’entreprise peut être extrêmement variable selon la nature du projet, de quelques centaines d’euros à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Chiffrer ces coûts fait donc partie des étapes indispensables à franchir lorsque vous réfléchissez à votre business plan et que vous effectuez des projections de votre futur chiffre d’affaires.

De quels coûts parle-t-on exactement ?

  • Les frais de nature juridique : certaines formes juridiques impliquent de publier une annonce légale, de faire appel à un commissaire aux apports, on peut aussi prévoir un dépôt de marque, la rédaction des statuts de l’entreprise par un professionnel…
  • Les frais de conseil : si vous sollicitez un expert-comptable ou un avocat pour vous accompagner…
  • Les frais liés à l’activité elle-même : achat de matériel, de matières premières, de machines…
  • Le capital à injecter dans l’entreprise ;
  • Les démarches éventuelles de formation : certains métiers impliquent de suivre un stage obligatoire ou d’être titulaire d’un diplôme précis ;
  • Les frais liés au recrutement : si vous embauchez un salarié ou un apprenti, ou que vous prenez un stagiaire dès le démarrage de votre activité, il faudra prévoir quelques coûts supplémentaires (rémunération, annonces de recrutement) ;
  • Les éventuels locaux nécessaires à votre entreprise ;
  • Les frais annexes, comme la souscription d’une assurance professionnelle (parfois obligatoire pour certains métiers), d’abonnements téléphoniques pro, l’achat de logiciels ou le recours à un service de sauvegarde dans le cloud de vos données sensibles ;
  • Les frais de communication et de marketing, par exemple pour faire créer un site web, être accompagné en matière de référencement naturel ou de campagnes paid search ;

Peuvent aussi venir s’ajouter des frais indirects. Si vous vous lancez dans une création d’entreprise en étant salarié, par exemple, vous devrez peut-être passer à temps partiel ou arrêter de travailler à un moment donné tout en continuant à payer vos charges quotidiennes.

Il faut donc retenir un point important : selon le type d’entreprise, l’activité exercée, la forme juridique retenue, les coûts à engager ne sont pas du tout les mêmes. A titre d’exemple, si vous vous lancez en auto-entrepreneur dans une activité de conseil, les frais seront très réduits par rapport à une personne qui veut ouvrir un salon de coiffure « en dur » avec des frais de locaux, de matériel, de personnel, de formation, etc.

Femme entrepreneur

Devenir entrepreneur sans argent ou trouver l’argent pour entreprendre ?

Face à ces investissements de départ, il existe deux grandes manières de raisonner :

  • Se demander comment devenir entrepreneur sans argent : vous partez du constat que vous voulez à tout prix vous mettre à votre compte, quel que soit le business en question, tant qu’il ne nécessite pas un investissement trop gros. Dans ce cas, votre défi va plutôt être de réduire les coûts, de choisir une activité exigeant peu d’investissement ou de chercher à tester votre projet à frais réduits avant d’investir davantage.
  • Chercher à concrétiser un projet d’entreprise précis, sans apport. Vous avez l’idée mais pas les fonds, votre objectif va donc être de trouver des solutions de financement et des pistes pour limiter les coûts facultatifs ou secondaires.

10 solutions pour devenir entrepreneur sans argent

1. Le choix même de l’activité

Vous souhaitez monter un business mais vous n’avez pas beaucoup d’argent à investir ? Une réflexion sur la nature de l’activité peut s’avérer pertinente. En effet, certains métiers exigent peu d’investissement pour se lancer.

C’est notamment le cas de beaucoup de professions de services : formateur, traducteur, consultant, rédacteur, petsitter… Beaucoup de métiers du web sont aussi concernés : développeur web, consultant en référencement (SEO ou SEA), etc.

Il suffit souvent de disposer d’un ordinateur et/ou d’un bon carnet d’adresses pour initier rapidement son activité.

Au-delà du secteur lui-même, réfléchissez aussi au mode d’exercice : dans certaines professions, il peut être plus rentable et tout à fait envisageable d’exercer à domicile au lieu de prendre des locaux, au moins dans un premier temps.

2. Distinguez l’indispensable du secondaire

Quand on décide de créer son entreprise, on a parfois en tête un concept très abouti, où l’on sait exactement quelle place on aimerait prendre sur le marché. Pour devenir entrepreneur sans argent, il est parfois nécessaire de faire preuve de patience et d’accepter l’idée que l’on ne pourra pas atteindre cet idéal tout de suite, dès le démarrage de l’activité.

Si je reprends l’exemple du salon de coiffure, on peut tout à fait imaginer commencer son activité en travaillant au domicile des clients et en solo, ce qui permet d’éviter les frais de locaux et les frais de personnel. Cela peut être un bon moyen de faire travailler le bouche-à-oreille, de se constituer une clientèle, de roder son discours et ses prestations. Il sera alors plus facile d’envisager l’ouverture d’un lieu physique et de convaincre une banque de vous suivre si vous avez besoin d’un financement, car vous serez en mesure de prouver que votre activité a déjà une existence.

Dans le même esprit, un créateur de bijoux pourrait décider de vendre ses produits en ligne sur Etsy avant d’envisager d’ouvrir son propre site e-commerce. Un formateur peut choisir d’élaborer une formation entièrement en ligne et de la commercialiser sur des plateformes type Udemy avant d’envisager l’organisation de sessions en présentiel qui impliquent forcément des locaux et un peu plus de matériel.

3. Sollicitez des conseils gratuits

Bien sûr, un conseil ne remplace pas l’argent de manière miraculeuse ! Cependant, on peut faire beaucoup d’économies et parfois trouver des solutions inattendues en prenant appui sur l’expérience et les conseils d’un mentor. Vous pouvez déjà, de manière plus spontanée, trouver de l’aide auprès d’entrepreneurs de votre entourage.

Il existe aussi dans de nombreuses régions des associations qui accompagnent les créateurs d’entreprise ou des clubs d’entrepreneurs.

Ils possèdent plein de vertus : vous allez être confrontés à des gens qui vont porter un regard extérieur sur votre projet, vous poser peut-être des questions que vous n’avez pas pensé à vous poser. Ils connaissent parfois des solutions que vous ne connaissez pas (des sources de financement, des opportunités de subventions, etc) ou des astuces pour rogner sur certains postes de dépense.

Ils pourront aussi parfois vous aider à faire le tri entre les investissements indispensables et ceux qui sont superflus ou vous éviter des erreurs. À titre d’exemple, dans certains métiers, on peut se contenter d’un site Internet assez basique pour démarrer son activité alors que dans d’autres secteurs, ce sera au contraire l’aspect central sur lequel il ne faudra pas lésiner.

Entrepreneuriat au féminin

4. Ayez une vision à long terme

Avoir une vision à long terme qui dépasse la seule étape de création d’entreprise permet souvent de faire des choix plus pertinents en matière d’investissement, ce qui est crucial quand on cherche comment devenir entrepreneur sans argent.

Par exemple, certaines entreprises ne coûtent pas cher lors du lancement… mais peuvent rapidement être freinées dans leur croissance par votre propre capacité de travail.

Si vous commercialisez des produits et que le volume de commandes explose parce qu’ils plaisent de plus en plus, vous avez la possibilité de demander à votre usine d’augmenter le rythme de production afin de répondre à la demande. Non seulement vous resterez rentable mais en plus, cette croissance sera souvent avantageuse parce qu’elle vous permettra de négocier des ristournes grâce aux quantités commandées.

En revanche, si vous êtes consultant et que la demande explose, votre seule marge de croissance « gratuite » consistera à travailler plus pour accepter davantage de clients ou de missions. Si vous voulez « bien grandir » en tant qu’entreprise, cela passera donc souvent par l’embauche, ce qui n’est pas gratuit et nécessite une bonne planification (savoir former quelqu’un, créer des process pour garantir une harmonie dans la qualité du travail fourni, distinguer ce que l’on délègue et ce que l’on continue à piloter).

Savoir gérer la croissance est aussi ce qui donne de la valeur à l’entreprise, en particulier si vous êtes amené à la vendre un jour.

À titre d’exemple, si vous développez votre propre méthode de massage, que vous avez une excellente réputation mais que ça en reste là, vous aurez du mal à vendre votre entreprise car elle restera étroitement liée à son créateur, vous. À l’inverse, si vous formez des gens à votre méthode de massage pour qu’elle soit proposée en institut de beauté ou que d’autres entrepreneurs puissent ouvrir des franchises, votre business ne sera plus seulement entre vos mains et prendra alors beaucoup plus de valeur.

Avoir cette dimension en tête peut aussi guider certains choix si vous n’avez pas d’apport personnel pour monter votre société.

5. Procédez à des échanges de compétences

Si vous souhaitez créer une entreprise sans argent, il peut être pertinent de faire le point sur les compétences dont vous disposez et qui peuvent être utiles à d’autres. Vous pouvez en effet envisager des échanges de compétences, en offrant une prestation sur une expertise que vous maîtrisez en échange de la même chose sur une expertise que vous ne maîtrisez pas.

Un graphiste pourrait par exemple demander à un développeur de l’aider à créer un site simple en échange de visuels spécifiques. Un bon bricoleur pourrait rendre des services à un comptable en contrepartie d’une heure de consulting.

Bien entendu, un bon échange reste un échange relativement équitable.

6. Prenez appui sur votre réseau

Vous avez peut-être dans votre propre entourage familial, amical ou professionnel, des personnes qui peuvent vous aider.

Cette aide peut être financière, c’est ce que l’on appelle la « love money » dans le monde de l’entrepreneuriat. Ce sont tous les fonds apportés par des proches au créateur d’une entreprise, soit sous forme de donation, soit sous forme d’investissements dans le capital de la société (auquel cas vos proches en deviennent actionnaires).

La love money a le gros avantage de reposer sur des gens qui vous connaissent et peuvent, parce qu’ils vous font confiance, soutenir votre projet à hauteur de quelques centaines ou quelques milliers d’euros. Elle a l’inconvénient d’avoir une composante affective : les gens peuvent vouloir s’impliquer un peu trop dans les décisions relatives à l’entreprise au motif qu’ils y ont investi, certaines relations peuvent souffrir en particulier si le projet ne rencontre pas le succès escompté.

Si votre entourage n’a pas la capacité à investir, leur aide peut aussi prendre la forme d’un partage de compétences ou de carnet d’adresses.

7. Cherchez une structure d’accompagnement

Il existe en France toutes sortes de structures pour épauler les jeunes entreprises.

On peut par exemple citer la couveuse d’entreprise, qui vous prête un numéro de SIREN afin que vous puissiez commencer à facturer. L’argent est temporairement bloqué sur un compte, ce qui vous permet par exemple de continuer à toucher le chômage à taux plein tout en commençant à développer votre activité.

Il existe aussi des pépinières d’entreprises, qui permettent non seulement d’avoir un lieu de travail mais aussi tout un accompagnement qui fait la différence avec un simple espace de coworking.

L’incubateur peut aussi être une solution avantageuse : il propose un environnement où les créateurs d’entreprises peuvent accéder à des conseils, du matériel, un carnet d’adresses et une aide assez concrète pour monter un dossier de financement.

Souvent, l’admission dans ce type de structure d’accompagnement exige de monter un dossier (tout le monde n’est pas accepté) et de verser ensuite une somme mensuelle en contrepartie des services offerts.

Pitcher un projet

8. Explorez les multiples solutions de financement

Comment devenir entrepreneur sans argent ? En trouvant des fonds ailleurs ! Nous avons déjà évoqué la love money mais si vous n’avez pas la chance d’avoir des investisseurs potentiels dans votre entourage, il existe aussi des solutions de financement par des tiers.

Il peut s’agir du financement participatif qui consiste à faire financer un projet par « le grand public ». Aujourd’hui largement répandu, le crowdfunding existe dans de nombreux domaines : mode, santé et bien-être, culture (édition, film, etc), projets solidaires, technologie… Certaines plateformes, comme Ulule, permettent de récompenser les donateurs en leur offrant des contreparties en échange de leur versement. D’autres fonctionnent comme simples cagnottes sans contrepartie.

Le financement peut aussi passer par des business angels. Ce sont des personnes physiques qui choisissent d’investir dans des entreprises dans le but de faire fructifier cet investissement si la société connaît une forte croissance. Pour cette raison, ils privilégient souvent les entreprises très innovantes, qui ont un potentiel de croissance rapide et fort.

Le business angel en devient actionnaire, il a donc tout intérêt à vous suivre au-delà du côté financier, en apportant des conseils, en guidant certaines décisions. Il existe une fédération nationale des business angels mais aussi des groupes comme Femmes Business Angels.

De manière plus classique, le financement peut aussi passer par un emprunt à la banque. Dans ce cas, comme dans le cas des business angels, apportez un soin particulier à votre business plan, et concevez-en une version simplifiée, un « executive summary » pour que l’on puisse rapidement comprendre votre projet. N’hésitez pas aussi à vous faire accompagner afin d’apprendre quelques clés pour « bien pitcher ».

Savoir analyser sur le papier un projet d’entreprise, présenter des projections financières, est très différent d’un « grand oral » où il faut raconter une histoire et convaincre de son potentiel commercial.

9. Tournez-vous vers les aides et subventions

Il existe aussi beaucoup d’aides et de subventions pour aider les entrepreneurs, que ce soit via Pôle Emploi (Nacre, Acre, Arce, Cape) ou via d’autres dispositifs (le Clefe, pour les femmes, le statut jeune entreprise innovante, la prime d’aménagement du territoire, etc).

Vous pouvez souvent obtenir des informations auprès des Centres de Formalités des Entreprises , auprès de vos institutions locales (que ce soit la mairie, le conseil régional, etc).

Ces solutions sont précisément pensées pour devenir entrepreneur sans argent, notamment quand on a perdu son emploi et que c’est un pas vers une reconversion professionnelle, ou que l’on doit arrêter de travailler pour dégager le temps nécessaire à son projet.

10. Testez votre concept si c’est possible

On dit souvent que « l’argent appelle l’argent », un adage qui comporte une part de vérité ! Il est plus facile de décrocher un prêt ou un financement quand on a la capacité à prouver qu’un projet est viable. Bien sûr, on peut en faire la démonstration sur papier par des analyses financières mais quand c’est possible, quoi de mieux que tester ses idées « en conditions réelles » ?

Certaines activités permettent de tester son business sans engager trop de frais. Par exemple, quelqu’un qui veut lancer une collection de t-shirts peut faire produire un prototype du produit et s’en servir pour susciter des précommandes. Un bon moyen de tester si les internautes « mordent à l’hameçon » avant de lancer la production à grande échelle.

C’est une pratique que j’ai vue avoir cours dans des univers comme la BD : réaliser une BD complète demande, pour un illustrateur, énormément de travail. Diffuser quelques dessins et prendre des précommandes permet de s’assurer que l’on ne dessinera pas « pour rien » pendant plusieurs mois si, au final, le livre ne trouve pas son public.

Voilà, j’espère que ces quelques pistes de réflexion vous donneront du grain à moudre. Créer une entreprise implique souvent un investissement… mais ça ne signifie pas pour autant qu’il doive provenir de votre poche. Il existe de multiples solutions pour réunir les ressources nécessaires.

Si vous réalisez que votre projet ne convainc pas les banques ou les investisseurs, je pense pour ma part qu’il est sain de se poser des questions plutôt que de réagir en « génie incompris » :) Même s’il peut arriver qu’un financier passe à côté d’une super idée, les réticences qui existent chez des investisseurs peuvent pousser à retravailler certains éléments du projet et peuvent être « un mal pour un bien » !


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