Comment apprendre à dire non sans culpabiliser ?



Si vous êtes freelance, blogueur, si vous gérez une petite entreprise, il est fondamental d’apprendre à dire non sans culpabiliser ! En effet, pour mille raisons, vous ne pourrez pas toujours accepter les demandes qui se présentent à vous : accepter de baisser vos prix, accepter un partenariat, accepter de réaliser une tâche dans un délai plus court que prévu…

Dire oui à tout, c’est souvent se mettre dans une situation périlleuse, que ce soit financièrement, en termes de planning ou d’équilibre personnel ! Cela génère du stress, de la colère parfois et si on peut l’éviter, c’est aussi bien :)

Alors, dans cet article, je vais vous donner quelques astuces sur comment dire non au travail sans avoir l’impression de commettre une faute terrible !

Savoir dire non, un apprentissage indispensable

On associe souvent le « non » à des sentiments négatifs. Or, dire non, ce n’est pas être méchant, égoïste, mettre de la mauvaise volonté. C’est souvent nécessaire pour qu’une relation – y compris professionnelle – se déroule harmonieusement.

La meilleure manière de se rappeler que le non est indispensable est de songer à l’éducation des enfants. Si personne ne vous avait dit « non » quand vous étiez enfant, lorsque vous vous mettiez le doigt dans le nez en public ou que vous ne disiez pas bonjour à la dame, vous n’auriez sans doute pas intégré l’idée que ces comportements étaient indésirables en société.

Le « non » n’est donc pas seulement restrictif, il est aussi permissif puisque grâce à lui, vous allez pouvoir vous intégrer au mieux, avoir des relations plus sereines avec les autres et un meilleur équilibre personnel.


Dire non vous protège

On croit parfois que dire oui à tout donne une bonne image de soi. Qu’on passe pour quelqu’un de volontaire, d’impliqué, de motivé… En réalité, ce n’est pas si simple !

Si vous dites oui à tout sans jamais poser de limite, vous allez souvent finir par ressentir de la frustration, du stress, le sentiment d’être débordé. Vous ajoutez à votre to-do list des tâches que vous devez exécuter dans l’urgence, la boule au ventre… ou bien vous devez travailler deux fois plus pour compenser le maigre budget que l’on vous accorde sur une mission. Le prix à payer est lourd en matière de bien-être et d’équilibre financier pour votre petite entreprise !

De même, vous risquez d’autant plus de faillir aux engagements que vous avez pris, un risque pour votre réputation. Les clients ont bonne mémoire quand un prestataire ne tient pas ses promesses, et ce serait dommage que votre bonne volonté finisse par vous desservir.

Enfin, dire oui à tout pousse souvent les gens autour de vous à en vouloir plus. Après tout, vous avez l’air de pouvoir gérer, pourquoi se priveraient-ils de vous solliciter ? Apprendre à dire non est un bon moyen de réguler ces sollicitations pour tenir compte de vos propres contraintes.

Apprendre à dire non, gage d'équilibre au travail et dans sa vie
Apprendre à dire non, gage d’équilibre au travail et dans sa vie

Apprendre à dire non, c’est éviter l’agressivité

Si vous n’osez pas dire non, vous pouvez parfois ressentir de la colère contre l’autre. Vous lui en voulez de vous avoir « imposé » un prix trop bas, un délai trop court, une demande trop extravagante car vous avez l’impression que c’est un manque de respect et de compréhension envers votre travail.

Cette colère peut se traduire par une agressivité sous-jacente dans vos relations – personnelles ou professionnelles, en fonction du domaine concerné. Parfois, l’énervement émerge à travers des termes discrets dans votre manière de parler : ce n’est pas ouvertement hostile, mais on sent tout de même que le sous-entendu est agacé !

Par exemple, vous allez dire : « Comme je l’ai DÉJÀ indiqué, il est ABSOLUMENT impossible de réaliser ce travail en 2 jours » (sous-entendu : « pauvre abruti, il faut te l’expliquer combien de fois que ça exige plus de temps ? »)
Ou : « Le budget proposé n’est pas DU TOUT en phase avec les tarifs que je pratique » (sous-entendu : « euh, là, vous êtes complètement à côté de la plaque »)

Votre interlocuteur peut ressentir cette forme d’agressivité, même si elle reste discrète, et ce n’est jamais très sain pour les relations. A la place, essayez de vous souvenir que la personne n’a pas forcément conscience du travail que sa demande implique, des délais qui sont « raisonnables ». Elle voit les choses à travers le prisme de ses propres besoins.

Pour répondre de manière moins agressive, pensez à remercier, avant de recadrer les choses (en évitant les fameux termes trop catégoriques dont je viens de vous parler).

Par exemple, concernant le budget, vous pourriez répondre : « Merci de votre confiance pour cette proposition. De manière générale, le budget pour ce type de prestation se situe entre XXX et XXX euros en fonction des demandes exactes. J’ai conscience que c’est assez éloigné de ce que vous aviez en tête. Si toutefois vous souhaitez poursuivre les échanges en ayant cet élément d’information à disposition, tenez-moi au courant afin que je formalise une proposition plus détaillée ».

Ainsi, vous reconnaissez le point positif de la situation (on a pensé à vous pour une proposition, votre travail et votre expertise plaisent à quelqu’un) tout en transmettant l’information clé, à savoir que le tarif envisagé n’est pas cohérent. Vous laissez ensuite la décision entre les mains de votre interlocuteur, et c’est très bien ainsi… car de votre côté, vous avez dit ce que vous aviez à dire !


Dire non, un travail éducatif

Comme je le mentionnais, certaines personnes formulent des demandes qui semblent aberrantes, tout simplement parce qu’elles n’ont aucune idée des implications, du temps que ça demande, etc.

Alors en réalité, vous n’allez pas juste apprendre à dire non, vous allez aussi mener un travail d’éducation (qui portera ou pas ses fruits, c’est une autre histoire !).

Par exemple, dans mon métier – le référencement, quand on vend une prestation à un client, on facture « au temps-homme ». Autrement dit, on détermine les prestations que l’on souhaite proposer (par exemple, un audit, un accompagnement pour créer 50 nouveaux contenus sur le site)… et on estime le temps nécessaire à la réalisation de ces prestations, en jours.

Que se passe-t-il si le client estime que c’est trop cher ? Il est dans son droit ! Vous ne contrôlez pas le fait qu’on lui ait alloué telle ou telle somme pour améliorer le site de l’entreprise… En changeant de point de vue, l’inverse est tout aussi vrai : le client ne contrôle pas le fait qu’un audit nécessite, dans son cas, 9 jours de travail. Ca, c’est votre expertise qui a permis de le déterminer.

Vous n’avez pas la main sur son budget, mais vous avez la main sur le vôtre et vous, vous savez qu’on ne peut pas faire en 2 jours ce qui en exige 9 ! Il devient alors évident que « dire non » revient à retirer des éléments de la prestation pour entrer dans le budget, mais pas à réduire le nombre de jours passés.

Apprendre à dire non, c'est parfois expliquer
Apprendre à dire non, c’est parfois expliquer

Il n’est pas toujours nécessaire d’entrer dans les détails

Apprendre à dire non, c’est aussi décider quand il faut donner une explication et quand il est préférable de se contenter d’une raison succincte ! En effet, dès lors que vous donnez un motif à votre refus, il peut forcément être contesté par l’autre. Mieux vaut l’avoir en tête, notamment quand votre non est ferme et définitif !

Pour vous montrer les deux situations, je vais prendre un exemple qui m’arrive parfois : on me contacte pour une proposition de partenariat qui n’a rien à voir avec ma ligne éditoriale.

  • Si c’est une marque qui démarche en direct, je sais déjà que ses produits n’ont rien à voir avec le sujet de mon blog… et il me paraît assez inutile de rédiger un pavé explicatif pour dire non à quelqu’un qui n’a pas pris la peine de cibler sa campagne de démarchage marketing ! J’ai donc tendance à répondre de manière assez succincte (« Merci de la proposition, je ne suis pas intéressée »).
  • Si c’est une agence qui démarche pour le compte d’un client, la situation est différente… car l’agence pourrait tout à fait avoir d’autres opportunités pertinentes par la suite ! Dans ce cas, il est préférable de répondre de manière plus détaillée (« Merci de la proposition. Elle ne s’inscrit pas dans ma ligne éditoriale donc je passe mon tour sur cette opportunité ! En revanche, si vous avez des opportunités sur des sujets comme XXX et XXX, n’hésitez pas à reprendre contact avec moi »).

Si vous souhaitez dire non sans fermer à la porte à votre interlocuteur, donnez des éléments d’explication. Si c’est un non ferme, optez pour une réponse polie et concise !

C’est aussi une excellente raison de ne pas mentir quand vous devez dire non à quelqu’un. Ca peut susciter de la culpabilité alors que justement, votre but est d’apprendre à dire non sans culpabiliser… et en plus, ça peut se retourner contre vous.

Exemple : un prestataire vous propose un déjeuner professionnel pour vous parler de son offre mais vous savez pertinemment que vous n’allez pas travailler avec lui.
Dire non avec une excuse, ce serait par exemple lui dire : « C’est gentil, mais mon planning est un peu chargé en ce moment, ça va être compliqué de trouver un créneau ».
Il va forcément vous répondre : « Je comprends, dans ce cas, prévoyons ça le mois prochain, comme ça on le note dès maintenant dans l’agenda ! »

Et là, vous êtes coincé ;) Le deuxième non devient encore plus difficile à sortir ! Alors que si vous lui dites : « C’est gentil de me proposer ce déjeuner mais pour être très franc avec vous, votre offre ne correspond pas à ce que nous recherchons », vous restez poli tout en étant honnête.

Bien sûr, on veillera à ne pas être trop succinct, au risque de paraître froid et expéditif (« Non, je ne souhaite pas déjeuner avec vous »).


Confier à l’autre la responsabilité de dire non

Si vous ne savez pas comment dire non, confiez à votre interlocuteur la responsabilité de le faire ;)

Pour ce faire, retenez d’abord que bien souvent, le « non » réel n’existe pas et que l’on fait plutôt face à un « oui, mais ». Par exemple : « Oui, je suis parfaitement capable de faire ce travail, mais pas à ce prix ». Ou bien : « Oui, je peux répondre à cette demande, mais pas dans ce délai ». Ou encore : « Oui, je peux réaliser ce type de mission, mais pas sur ce sujet qui est en désaccord avec mon éthique/ma ligne éditoriale ».

Si vous voulez apprendre à dire non au travail sans culpabiliser, ne pensez plus « non » dans votre tête mais « oui, mais ». En faisant ça, vous allez apprendre à poser les conditions nécessaires à la réalisation de ce qui est demandé : avoir plus de temps, plus d’argent, un brief différent…

La décision de dire non, du coup, appartiendra à votre interlocuteur, qui acceptera ou pas les conditions que vous posez.

Proposer un plan B si possible

Apprendre à dire non sans culpabiliser passe souvent par le fait de proposer un « plan B ». C’est d’ailleurs le but de la technique du « oui, mais ».

Il s’agit de soumettre à votre interlocuteur une alternative qui vous paraît plus acceptable que sa proposition : par exemple, proposer une prestation certes moins chère, mais aussi moins détaillée ou sur une durée plus courte ; ou accepter la mission, sous réserve de bénéficier d’un délai d’une semaine supplémentaire.

Votre interlocuteur finira par faire son choix. Parfois, il préférera ne pas donner suite à votre « contre-proposition » et aller voir un autre prestataire qui dira oui à tout, sera prêt à travailler plus vite et pour moins cher. Si ça se passe bien, tant mieux pour lui, vous aurez de votre côté préservé vos valeurs et votre épanouissement. Et si ça se passe mal, vous n’êtes pas à l’abri de voir revenir l’interlocuteur en question, avec une nouvelle demande plus réaliste… car il aura appris de ses erreurs !

Arrivez-vous à dire « non » facilement ? Est-ce que vous avez déjà regretté d’avoir dit oui de manière précipitée au travail ?

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